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Baala : « Je l’attendais depuis tout gamin »

Pas de podium olympique pour Baala, mais une médaille quand même...

Pas de podium olympique pour Baala, mais une médaille quand même... - -

Le Français reçoit ce mercredi la médaille de bronze olympique du 1500m de Pékin, après la disqualification pour dopage de l'ex-champion Rachid Ramzi. Il exprime sa joie à RMC Sport.

Medhi, qu’est ce que ça vous fait de recevoir cette médaille olympique ?
Je suis super content de la recevoir. Je pensais que j'allais attendre un peu plus avant de me la voir remettre. Je vais repartir chez moi avec une médaille de bronze olympique que j'attends depuis que je suis tout gamin. Ça me permet aussi de rentrer dans le cercle très fermé des athlètes Français qui ont remporté une médaille dans chaque grand championnat (JO, Mondiaux, Championnats d'Europe). On est trois avec Jean Galfione et Marie-Jo Perec.

Vous allez recevoir cette médaille lors des vœux du CNOSF et pas devant votre public…
J'avais émis le souhait de la recevoir à Lille, une ville qui m'a tendu les bras et qui m'a aidé dans la conquête de cette médaille. Je me souviens que j'étais rentré dégoûté de Pékin. J'avais été très bien accueilli. On m'avait félicité malgré cette quatrième place.

Cette soirée de la finale du 1500m à Pékin reste un souvenir horrible…
Ce fut difficile à digérer de terminer si près du podium. Je me disais que Pékin était peut-être la dernière occasion de briller aux Jeux Olympiques. Même si j'espère avoir encore la chance de pouvoir courir en 2012, cela ne sera pas pareil. A Pékin, j'étais dans la fleur de l'âge. J'étais dans une forme comme jamais, malgré les mois d'arrêt que j'avais eu l'hiver. J'étais tout de même super fort à ce moment là. Si Ramzi n'avait pas couru, cela aurait été peut-être différent. Je me dis que c'est un mal pour un bien de recevoir cette médaille après coup parce que si je l'avais eue à Pékin, j'aurais peut-être baissé les bras pour la suite. Là au contraire, ça m'a permis de continuer à me battre et à viser maintenant ce troisième titre européen consécutif à Barcelone l'été prochain.

« Il y avait des suspicions autour de Ramzi »

En voulez-vous à Rachid Ramzi ?
J'en veux à Rachid Ramzi comme à tous les gens qui trichent. Ils volent les rêves qui appartiennent à certaines personnes. Moi, j'ai eu la chance d'avoir justice, ce ne sera pas le cas pour d'autres. C'est pour cela qu'il faut féliciter les instances qui se battent contre le dopage. Nous, athlètes nous faisons beaucoup de sacrifices. Au delà de la médaille, il y a des retombées que je n'aurais jamais. Je préfère me dire que je suis enfin récompensé en recevant cette médaille. J'ai jamais apprécié Rachid Ramzi, ce fut toujours quelqu'un de très fermé qui avait comme un "secret". Il avait un record à 3'38 sur 1500m puis après il était descendu sous les 3'30 il y avait des suspicions.

C'est aussi une récompense pour votre coach de toujours, Jean-Michel Dirringer...
Pour lui et aussi José Marajo, mon préparateur physique de l'époque, et tous ceux qui m'ont entouré. Je me rappelle quand j'étais jeune lors de mes premiers Championnats de France. J'avais demandé à Jean-Michel quel serait son rêve d'entraîneur. Il m'avait répondu "de coacher un athlète médaillé olympique". Et bien voilà c'est fait et c'est génial pour lui.

La rédaction - FX de Chateaufort