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Bolt vs Blake, à feu et à « cent »

Yohan Blake et Usain Bolt aux Mondiaux

Yohan Blake et Usain Bolt aux Mondiaux - -

Le duel des JO entre les deux stars jamaïcaines Usain Bolt et Yohan Blake débute ce samedi avec les séries du 100m (13h30). La tension va monter à Londres avant d’exploser dimanche en demie (20h45) puis en finale (22h50).

C’est comme si l’axe de rotation de la planète athlé s’était déplacé, passant d’un Jamaïcain à l’autre, sans que le grand public ne s’en aperçoive vraiment. Quatre ans après le séisme « Bolt » à Pékin, le « roi Usain » n’est pourtant plus le même. Il y a eu Daegu le 28 août 2011, sa disqualification sur 100m aux Mondiaux, l’ouverture d’une faille qui semblait devoir être simplement la « parenthèse Blake ». Puis il y a eu Kingston, deux répliques aux sélections jamaïcaines, les 29 juin et 1er juillet derniers, deux victoires du cadet (22 ans) face à l’aîné (25 ans) sur 100m et 200m. Le favori des Jeux Olympiques est-il toujours Usain Bolt ? Ou Yohan Blake l’a-t-il relégué au rang d’outsider de luxe ? Le premier épisode du grand duel entre les deux stars des Caraïbes aura lieu ce week-end sur 100m, avec les séries ce samedi (13h30), les demi-finales (20h45) et la finale (22h50) dimanche.

Avec son 9’’75 réalisé à Kingston, quand Usain Bolt n’était flashé qu’en 9’’86 (9’’76 à Rome un mois plus tôt), Yohan Blake a établi la meilleure marque mondiale de l’année. Et remporté une première manche psychologique. Il a récidivé sur 200m le surlendemain (19’’80 contre 19’’83, MPM 2012) et comme renvoyé son prestigieux partenaire d’entraînement à la case « docteur ». Un spécialiste allemand ultra-renommé, le Dr Hans Müller-Wohlfahrt, qu’Usain Bolt a encore visité à quelques jours des JO. « Mon dos m’a causé quelques problèmes mais je vais mieux », a-t-il assuré à la veille de la cérémonie d’ouverture. Le sourire du porte-drapeau jamaïcain le 28 juillet au soir s’ajoutait à ses déclarations pour conclure, en quelque sorte, l’opération com’ qui visait à rassurer tout son monde.

Blake commence-t-il à craquer ?

Ses défaites, ses blessures ou même ses accidents répétés de voiture n’auraient donc pas entamé la confiance de l’icône du sprint, triple champion olympique, quintuple champion du monde, triple recordman du monde. « Si j’étais deuxième, je serais bien évidemment déçu, reconnait-il. C’est pour ça (gagner) que nous avons travaillé dur. Depuis deux ans, c’est mon objectif, la raison pour laquelle je travaille. C’est ce que je veux, c’est l’objectif de ma vie. Mais je suis quelqu’un de fort dans ma tête. Et je ne vais pas me plaindre. » A Daegu, après le carton rouge sur 100m, il avait refait la loi sur 200m. Yohan Blake n’était alors pas au départ. Un an plus tard, « The Beast » (la bête, le surnom de Blake) se prépare à doubler 100 et 200. Et la pression ne sera pas la même qu’en Corée du Sud.

Chez son équipementier, mercredi, il a pu se rendre compte que l’effervescence autour de lui était en hausse. Une foule de journalistes, 300 personnes rien que pour lui, des dizaines de caméras… L’autre protégé de Glen Mills a même provoqué des bousculades. Une tension encore palpable ce vendredi, quand une question sur son déficit d’expérience face à Usain Bolt a irrité l’étoile montante. « S’il y a bien un truc que je déteste, c’est l’expérience, a pesté Yohan Blake. L’expérience pour moi, ça ne marche pas. Tout le monde me parle de ça, expérience par ci, expérience par là… Pour moi, l’important, c’est d’aller sur la piste, de rester concentré et de faire le boulot. Et puis il n’y a pas qu’Usain. Tout le monde est là pour l’or, non ? » Une petite diversion. Car ce sont bien deux Jamaïcains qui se disputent la gloire du sprint.

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La menace américaine |||

Si Yohan Blake et Usain Bolt, les deux meilleurs performeurs de la saison sur 100m (respectivement 9’’75 et 9’’76), font figures de grandissimes favoris pour la médaille d’or dimanche soir, la Jamaïque espère placer un troisième représentant sur le podium. Mais Asafa Powell (9’’85 en 2012), le vieux lion (29 ans), devra se méfier des Américains. Justin Gatlin, l’ex-banni pour dopage, a pris l’ascendant (9’’80) sur son coéquipier Tyson Gay (9’’86), lequel est toujours présent malgré ses nombreuses douleurs physiques. Enfin, gare au Trinidadien Keston Bledman qui, à 24 ans, n’a jamais couru aussi vite que le 23 juin dernier (9’’86) à Port-d’Espagne, sa capitale. Devant la densité de la concurrence, le Français Christophe Lemaitre a, lui, préféré se consacrer au 200m.

LP avec JFP et PT