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Bourgain : « Je cours pour l’or »

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Obligé de prendre part à la course sur route pour valider sa sélection sur la piste, Mickaël Bourgain défend ses chances à compter d’aujourd’hui en keirin. Médaillé de bronze à Athènes puis Pékin, le Français vise plus haut à Londres.

Vous sentez-vous redevable après avoir pris la place d’un cycliste sur route pour participer au keirin?

C’est vrai que j’ai un peu plus de pression parce qu’on va regarder le keirin plus attentivement. Mais il ne faut pas que j’y pense, sinon…C’était une situation un peu délicate et gênante de prendre le quota d’un routier. Mais ce n’était pas ma décision, c’était celle de la DTN et de la Fédération, à cause des règles olympiques. Le CIO crée des situations complexes et aberrantes. Je m’entraîne depuis des années pour les Jeux et pour le keirin. Je ne pouvais pas refuser une participation au keirin à Londres même si je devais prendre le départ de la course sur route. Maintenant, c’est passé et je veux me concentrer uniquement sur le keirin.

Visez-vous clairement la médaille d’or ?

On rêve tous d’aller chercher l’or olympique. Je reviens de Pékin et d’Athènes avec une médaille à chaque fois, donc bien entendu que c’est l’objectif. C’est du sport donc on se bat tous pour aller chercher la plus belle médaille. Si je peux la ramener, je ne vais pas me gêner. L’entraînement s’est bien passé. Il n’y a pas eu de soucis, pas de pépins de santé. La forme est là, donc il n’y a plus qu’à aller se battre sur la piste.

«Hoy est favori»

Votre discipline vous oppose à Chris Hoy, héros britannique et légende du cyclisme sur piste. Pensez-vous pouvoir le battre ?

Chris Hoy est le favori, on ne peut pas le nier. Il est chez lui, il est champion olympique et du monde en titre. Mais bien sûr qu’il est battable. Une course de keirin reste une course de keirin. En finale, nous serons six coureurs. Il y en aura donc cinq à battre et je ne vais pas me concentrer sur un seul coureur…

Une victoire face à Hoy ajouterait-elle de la saveur à un potentiel titre olympique ?

Ce serait fou … On a fait la Coupe du monde ici à Londres en février dernier. C’était une ambiance extraordinaire, on avait rarement vu ça. Je pense que là aux Jeux, ce sera pareil, donc ça va être fantastique.

Ces Jeux Olympiques sont-ils votre dernière grande compétition à 32 ans?

Je ne sais pas. On va déjà faire ces Jeux et on verra par la suite l’orientation que je donnerai à ma carrière.

Faut-il « débrancher » le cerveau pour faire du keirin ?

Il ne faut pas trop réfléchir et essayer de saisir les opportunités. C’est pour ça qu’il ne faut pas penser à un coureur ou à autre chose. Il faut courir à l’instinct et se lancer à fond.

Propos recueillis par Georges Quirino à Londres