RMC Sport

Ces sièges vides qui font scandale

-

- - -

Alors qu’il est quasi impossible de dégoter des billets sur place avant les compétitions, de nombreux sièges restent vides. A Londres, c’est l’incompréhension totale. L’affaire prend de l’ampleur à tel point que l’on parle de « Seatgate ».

De l’autre côté de la Manche, le sujet dérange, irrite, agace même. Que ce soit dans les colonnes des quotidiens anglais (The Sun, The Guardian, The Telegraph) ou lorsqu’il est commenté à chaud dans les rues de la capitale britannique. Le souci ? Ces enceintes olympiques qui sonnent désespérément creux alors que les JO viennent de débuter. C’est le cas notamment du football, du badminton, de la gymnastique, de l’équitation, du beach-volley ou plus surprenant encore, de la natation. Alors, comment justifier ces dizaines de rangées vides ?

Selon le comité d’organisation des JO, il s’agirait seulement de places attribuées aux officiels (fédérations, VIP) ainsi qu’aux sponsors. Un non-événement pour le boss du LOGOC : « La compétition vient à peine de démarrer, dédramatise Sebastian Coe. Par expérience, les premiers jours de compétitions enregistrent des places vides. Des dizaines de milliers de membres de la famille olympique sont en train de faire leur choix pour savoir sur quelle épreuve ils vont aller. » Du coup, ce sont les militaires et les étudiants qui se régalent. Appelés en renfort pour masquer le vide apparent dans certaines tribunes, ils profitent du spectacle pour zéro pound. Un luxe au pays de Sa Chère Majesté.

La tension est montée d’un cran

Sauf que cette explication et la solution prise sont loin de satisfaire tout le monde. Ceux qui ont cherché et qui cherchent encore désespérément à se procurer des places crient au scandale : « C’est une honte ! J’ai essayé d’acheter des places mais c’était impossible, assure Pete, libraire dans le quartier populaire de Canada Water. De toute façon, il n’y en a que pour ceux qui ont de l’argent. C’est lamentable… ». Même son de cloche pour John, propriétaire d’un taxi noir : « Là, c’est trop ! J’en ai marre de ces Jeux Olympiques ».

Depuis deux jours, la tension est d’ailleurs montée d’un cran. A tel point qu’une enquête a été ouverte pour déterminer les responsabilités de chacun dans cette affaire. Et les premières décisions n’ont pas tardé à tomber. Ce lundi matin, 3 000 billets (dont 600 pour les épreuves de gym) ont été remis en vente à un tarif susceptible de calmer toutes les ardeurs… même les plus passionnées : 300 € la place pour la natation. On est bien loin de ces Jeux populaires que le comité d’organisation avait pourtant promis en 2005 à Singapour lorsque la capitale britannique décrochait la timbale olympique.

Florian Fieschi (avec L.C.) à Londres