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Cucherat, capitaine courage

Yann Cucherat

Yann Cucherat - -

Blessé au majeur en mai dernier lors des Championnats d’Europe, Yann Cucherat sera bien présent aux JO de Londres. Déterminé à vivre pleinement ses quatrièmes Jeux. Et à briller pour le grand absent du camp français, Thomas Bouhail.

Visage grimaçant. Doigts meurtris. Nous sommes le 24 mai dernier, à Montpellier. Yann Cucherat chute des barres parallèles de l’Arena. Verdict : entorse du majeur et contusion osseuse du métacarpe de la main droite. « Une belle frayeur mais qui ne compromettait pas mes chances olympiques, explique l’intéressé. Cette blessure m’empêchait d’aider les copains sur la finale par équipes. Le médecin fédéral a refusé que j’y participe pour que je me concentre sur les Jeux. » Le reste des Championnats d’Europe héraultais, Yann Cucherat les passera en supporter privilégié. La rage au ventre. «Malgré la douleur, il s’est entraîné et il n’a pas laissé tomber les copains, témoigne Isabelle Severino, membre de la Dream Team RMC. La gymnastique, c’est aussi du collectif. Et les Français vont le prouver à Londres. »

Londres. Après Sydney, Athènes et Pékin. Une quatrième olympiade pour ce père de famille de 32 ans. Une première dans l’histoire de la gym tricolore qui n’émeut pas plus que cela le capitaine de l’équipe de France de gymnastique. « On est plutôt une discipline à maturité précoce, avec des carrières réduites. Mais de plus en plus, avec une gym qui se spécialise, on peut durer plus longtemps. C’est vrai que pour un Français, quatre JO, c’est un record sympathique. Mais ce n’est pas ce qui me fait avancer » confie le Lyonnais. Celui qui n’a pas oublié Sydney (« mon plus beau souvenir olympique »), entend briller à Londres.

« On se doit de faire un truc pour Thomas »

Pour lui, d’abord. Mais aussi pour Samir Aït-Saïd, spécialiste des anneaux et blessé au genou. Et surtout pour Thomas Bouhail, victime d’une triple fracture tibia-péroné, forfait pour Londres et à deux doigts de l’amputation de la jambe droite. « Ça a été difficile pour tout le monde de relever la tête, raconte Cucherat. Mais Thomas est resté proche de nous, et cela nous a boostés. Il s'est blessé pour faire quelque chose aux Jeux. On se doit de faire un truc à Londres pour lui. » Le capitaine, si exemplaire à Montpellier, montre encore la voie. Et affiche les ambitions tricolores. « Les Roumains dominent la discipline mais on les a battus cette année, alors ça nous met en confiance pour les JO, poursuit-il. C'est une référence de les avoir battus chez eux. »

Un atout non négligeable, comme la connaissance de la O2 Arena, salle où se dérouleront les épreuves de gymnastique. « Notre qualification olympique s’est faite là-bas, rappelle Cucherat. Il y avait eu également un championnat du monde dans cette salle en 2009. On a bien pu visualiser les lieux. Les agrès seront les mêmes. Il faudra juste répondre présent le jour J. » Pour ça, on peut lui faire confiance.

A.D