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Diniz ne veut plus rater le coche

Yohann Diniz

Yohann Diniz - -

Souvent favori mais rarement récompensé lors des grands rendez-vous, le Français Yohann Diniz veut stopper la mauvaise série. Et enfin décrocher une médaille, ce samedi (10h) lors du 50km marche, à Londres.

Ce Français est une énigme. Vice-champion du monde, double champion d’Europe, améliorant ses chronos de saison en saison, Yohann Diniz n’arrive pourtant pas à décrocher la timbale au plus haut niveau. S’il est bien monté sur le podium à Osaka en 2007, qui reste sa performance la plus marquante à ce jour, combien de fois n’a-t-il pas réussi à honorer son statut de favori le Jour J. Ses titres continentaux en 2006 et en 2010 laissaient augurer le meilleur. Las. Abandon en 2008 à Pékin pour ses premiers Jeux, le ventre en feu, les cuisses à l’arrêt. Rebelote à Berlin, l’année suivante, où il termine 12e des Mondiaux. Nouvelle déconvenue deux ans plus tard à Daegu, disqualifié pour trois cartons rouges alors qu’il faisait course en tête.

Satechnique de course particulière lui permet de battre le record du monde sur piste en mars 2011 (3h35’27), ou d’approcher le record du monde du 20km, ce printemps à Lugano (1h17’43). Problème, elle ne plait pas forcément aux juges. A Londres, il sait qu’il a une médaille, voire l’or dans les jambes, mais encore faudra-t-il qu’il respecte les standards du 50km olympique. « Si c’est du bon Yohann Diniz, il y aura une médaille au bout, annonçait-il il y a quelques jours à son arrivée dans la capitale britannique. J’ai réussi la meilleure performance mondiale de l’année sur 50 km. J’ai fait un très gros 20 km aussi, avec la 4e meilleure performance de tous les temps. Je suis bien, je suis prêt, maintenant la marche est un sport de jugement, et nous ne sommes pas les seuls à décider du résultat. » Objectif ? « Faire une course complète ». Le Rémois, marqué par ses échecs passés, veut enfin concrétiser.

Schwazer à la trappe

Oubliée la cote fissurée au printemps qui l’avait mis sur la touche pendant 15 jours. Cette fois, Diniz ne va pas mener le train absolument. Il suivra les conseils de son coach Pascal Chirat, qui l’invite à se préserver. « Le but c’est d’être le plus frais possible jusqu’au 40e kilomètre. » D’autant qu’avec le retrait d’Alex Schwazer, champion olympique il y a quatre ans, la route s’est un peu plus dégagée. Convaincu de dopage à l’EPO, l’Italien a quitté Londres. Restent donc sur le papier, l’expérimenté australien Nathan Deakes, et la troïka russe des Kirdyapkin, Erokhin, Andronov. Quatre adversaires à surveiller, et des juges à ne pas trop énerver…

Louis Chenaille à Londres