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Diniz : « Pas grand-chose à me reprocher »

Yohann Diniz

Yohann Diniz - -

Huitième avant une disqualification pour ravitaillement hors-zone, Yohann Diniz porte un œil lucide sur sa finale manquée du 50km marche. Ravi d’avoir fini la course, il n’avait pas les moyens d’aller chercher le podium.

Yohann, le podium vous fuit une fois de plus.

Je n’ai pas grand-chose à me reprocher aujourd’hui. Je fais 3h39, c’est un très bon chrono. Je suis juste tombé sur plus forts que moi. Le podium à Pékin s’est joué aux alentours de 3h41. Là, gros niveau, rien à dire.

Il y a eu cette chute aussi...

Je regardais Pascal (Chirat, son entraîneur, ndlr), je me suis pris le pied dans la barrière.

Ça a dû vous couper les jambes, non ?

Oui, peut-être un petit peu. Mais j’étais déjà fatigué. Et puis, il faisait un petit peu chaud.

Elle a en tout cas hypothéqué vos chances de podium.

Non, ce n’est pas ça. Sans tomber, je serai resté 8e. Aujourd’hui, c’était rapide. Moi, j’ai fait ma course. J’étais à 3h39. Très gros chrono, oui, mais pas suffisant.

Vous disiez avant la course, « si je fais du Diniz, je peux être sur le podium »…

J’ai fait du Diniz mais je suis tombé sur plus fort. Je ne pense pas non plus avoir été victime de la pression. Je parle beaucoup du nez, j’ai encore été victime des platanes (il est allergique au pollen). Pour moi, c’est un gros souci mais mon échec ne vient pas de là. Je suis tombé sur plus fort.

Aucun regret ?

Non. Non. Pékin, j’avais plein de choses à me reprocher. Daegu, aussi. Mais là… j’ai fait ma course, je suis resté planqué. J’ai essayé de ne pas faire le rythme. Je n’ai pas eu de cartons. Je n’ai aucune excuse mais on n’a pas non plus à m’accabler. Je suis finaliste. C’est clair, j’aurais aimé aller chercher une médaille. Mais bon, je ne pouvais pas faire mieux aujourd’hui.

Un mot sur le vainqueur, le Russe Sergey Kirdyapkin. Son palmarès est énorme. Il vous impressionne ?

Il est énorme, il est toujours là. Ce qui prouve qu’on peut avoir des années sans et puis rebondir. J’ai encore quatre bonnes années devant moi. Il va falloir travailler et arriver avec le même état de forme qu’aujourd’hui. Ça ne se gagnera pas tous les ans à ce niveau-là.

Vous pouvez être champion olympique dans quatre ans.

Je ne sais pas. J’ai conjuré le sort avec les JO. Je termine, je suis finaliste. Maintenant, il me reste quatre ans devant moi. J’ai peut-être d’autres objectifs. Pourquoi pas étoffer l’équipe du 4x400 m ? (rires). Non, mais pourquoi pas essayer de redescendre sur la distance inférieure, le 20km à partir de l’année prochaine. Cette année, j’avais fait 1h17’43. C’était un très gros chrono, alors…

Rendez-vous à Rio donc.

Rendez-vous à Rio, oui. Mon arrière grand-mère était brésilienne, alors il faut que je termine là-bas.

Le titre de l'encadré ici

8e puis disqualifié|||

Aux yeux des juges de course, Diniz s'est rendu coupable d’un ravitaillement suspect entre le 35 km et le 40 km, soit juste avant ou après sa chute. Suffisant pour que les commissaires décident de disqualifier le Français au motif d'un « ravitaillement hors-zone. » Initialement 8e c'est-à-dire finaliste olympique de ce 50km marche, le Rémois disparaît des radars et n'apparaitra donc pas dans les classements officiels du CIO. Tout ça pour ça...

Propos recueillis par Pierrick Taisne