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Doucouré : « Je suis un mec de challenge »

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En stage à Monaco, Ladji Doucouré a quasiment retrouvé l’intégralité de ses moyens physiques après sa blessure au genou.

Ladji comment se déroule votre stage à Monaco ?
Je m’entraîne bien, je peux tout faire. Maintenant, il faut que j’arrive à retrouver un peu de force au niveau des pieds. Il y a trois semaines, je ne pouvais pas encore faire tout cela. Je vois la progression depuis le début stage. Je suis content et optimiste pour la suite. J’ai désormais deux mois avant la première compétition pour maîtriser un 110m haies.

Physiquement, comment vous sentez-vous ?
J’ai toujours cette petite insensibilité au talon et au pouce. Mais contrairement à ces dernières semaines, ça ne me gêne absolument pas pour courir. Je suis enfin sorti d’affaire. Maintenant, il ne faut pas que je rencontre un nouveau pépin physique. On sera alors obligé de commencer une course contre-la-montre et dans l’optique des JO, ce n’est pas l’idéal.

Par rapport à vos années riches en chrono (2004 et 2005), quelles sont vos sensations à la même période de l’année ?
Physiquement, c’est à peu près la même chose. Par contre, au niveau des sensations impulsion et réception, il y a une grosse différence. Avec ma blessure (au mois de janvier, Ladji s’est blessé au genou), j’ai aujourd’hui moins de force, moins de maîtrise. Je sens que je suis en retard. Mais ça ne m’inquiète pas, je sais que tout va très vite rentrer dans l’ordre.

Vous battez en 2005 le record de France en 12’’97. Depuis, avez-vous déjà ressenti ces sensations ?
Oui, ça m’est arrivé sur quelques courses. Mais depuis ma blessure au mollet en 2006, beaucoup de choses ont changé. Je me dis aujourd’hui qu’il faut arrêter de vouloir retrouver des sensations qui remontent à plus de deux ans. Je ne suis plus le même. J’ai fait par exemple évoluer ma technique. J’ai essayé de progresser dans ce domaine et il est donc normal que je n’ai plus les mêmes sensations. On n’a pas hésité à repartir à zéro.

Vous n’avez pas pu mettre en pratique cette nouvelle technique ces deux dernières années à cause des blessures. Vous n’avez-vous pas le sentiment de partir dans l’inconnu en cette année olympique ?
Ca ne me fait pas peur, je suis un mec de challenge. Il y a quelques années, on me critiquait sur mon départ, on me disait que j’étais nul. Nous avions trouvé un compromis avec Renaud (Longuèvre, son entraîneur) en partant tête haute. Ca a fait rire pas mal de gens mais le jour où j’ai claqué 13’’06, ça a calmé tout le monde. C’est aujourd’hui la même chose. Pour progresser, il a fallu changer de nombreuses choses. C’est quelque chose que j’accepte. Dans le sport, il faut savoir se remettre en question, quitte à repartir à zéro, pour franchir encore un nouveau cap.

La rédaction