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Émilie Fer, championne olympique de kayak

La kayakiste française Emilie Fer a décroché ce jeudi l'or olympique de slalom dans le bassin de Lee Valley à Londres deux jours après le troisième triomphe de Tony Estanguet. Elle confie ses impressions à BFMTV.

Elle lui avait demandé de la lui prêter, pour toucher de l’or comme certains touchent du bois. C’était mardi soir et Emilie Fer croisait Tony Estanguet. Un coéquipier d’entraînement, à Pau, qui venait de devenir triple champion olympique de C1. Quarante-huit heures plus tard, la Française tient sa médaille d’or dans les mains, celle du K1. Et celle-là, elle ne la rendra pas. « Elle est lourde, sourit-elle. En avoir une pour moi, c’est magique. » A 29 ans, la Niçoise a créé une magnifique surprise ce jeudi à 30 km au nord de Londres, au stade d’eaux-vives de Lee Valley, du genre de celles que seuls les Jeux Olympiques réservent. Ses 105 secondes et 90 centièmes, sans pénalité, resteront éternellement dans sa mémoire.

Septième à Pékin en 2008, elle a remonté la pente en 2009 (vice-championne d’Europe). Mais 4e du Championnat du monde 2011, elle ne semblait pas taillée pour viser l’or aux JO 2012. « Je la connais très bien depuis plusieurs années, explique Tony Estanguet. On a un peu la même histoire. On s’est reconstruit après nos échecs de Pékin. Elle fait mentir beaucoup de gens, qui ne croyaient pas qu’elle était capable d’aller chercher l’or. C’est une grande championne ! C’est vraiment bon de la voir gagner. » Et de voir cette championne plutôt discrète extérioriser sa joie en grimpant sur le podium des Jeux Olympiques.

Deux médailles d’or, comme à Athènes

« Ce n’est pas le plus beau jour de ma vie, mais je savoure, confie-t-elle quelques instants plus tard. Pour une fois que je remporte une médaille d’or, en plus aux Jeux Olympiques, c’est super. Je ne réalise pas encore tout à fait. Je n’avais pas envie de repenser à Pékin. Je suis plutôt fière de moi. J’adore ce sport. C’est pour ces sensations que je fais du kayak. Je me suis éclatée. » « Réservée », comme le confirme son entraîneur Sylvain Curinier, qui est aussi celui de Tony Estanguet, Emilie Fer permet à la France de remporter ni plus ni moins que la moitié des épreuves de canoë-kayak. « C’est génial, s’extasie Tony Estanguet. C’est fort. On a deux titres sur quatre. Ça fait 50% des médailles d’or, c’est monstrueux. »

Ce n’était arrivé qu’une seule fois, en 2004, quand Tony Estanguet (C1) et Benoît Peschier (K1) étaient montés sur la plus haute marche du podium à Athènes. Et Fabien Lefèvre avait aussi eu le bronze en K1. « C’est un moment magique, reconnait Philippe Graille, le DTN français. On n’imaginait pas ça. Emilie Fer, la dernière française à s’élancer, nous a fait une manche extraordinaire. C’est super. C’est notre meilleure fille. Je suis très, très heureux de notre équipe de France. » En 2008, à Pékin, le slalom tricolore avait un porte-drapeau, Tony Estanguet. Mais seulement une médaille d’argent, avec Fabien Lefèvre (K1). En 2012, la France a navigué sur l’or. Et comme le crie son meilleur représentant, « que c’est bon ! ».

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