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Estanguet ira aux Jeux

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Victorieux des qualifications olympiques de Seu d’Urgell, Tony Estanguet participera à ses troisièmes Jeux olympiques à Pékin. Ses attentes, son rôle peut-être de porte-drapeau, le boycott, il nous dit tout.

Il y sera à Pékin Tony Estanguet. Le Français essaiera de décrocher une troisième couronne olympique consécutive sur le bassin chinois. Pour obtenir ce droit le Palois a remporté la terrible épreuve des qualifications françaises à Seu d’Urgell en Espagne. Le Français peut maintenant penser aux Jeux : « Enfin ! Je peux penser à la suite. Depuis quelque temps je n’arrivais pas à penser à autre chose qu’à Pékin. Ca fait deux ans que j’y pense mais je me reprenais et je me disais que je n’avais pas le droit de griller les étapes car les sélections françaises sont terribles. »Lancé vers cet incroyable défi de remporter un troisième olympique consécutif, Estanguet aura une lourde responsabilité à Pékin. Il le sait. Mais il est porté par un incroyable élan nouveau dans le monde du canoë-kayak : « On est dans un sport confidentiel et depuis un an je constate un engouement qui dépasse le monde du canoë-kayak. Le challenge qui se présente est extraordinaire et excitant. Après 2 J.O. il me fallait un défi plus fort et je vais être servi. Ce sera très difficile mais j’ai envie de me jeter là-dedans. »

Evoqué comme possible porte-drapeau de la délégation française aux Jeux tout comme Yohann Diniz, Amélie Mauresmo ou Lucie Decosse, Estanguet est très touché d’être un choix éventuel : « J’ai essayé de me protéger mais j’ai entendu qu’on faisait de moi un possible porte-drapeau. C’est super d’être dans ce match là. Ca veut dire qu’il y a une reconnaissance de ma carrière et des valeurs que je peux porter. J’ai déjà fait deux cérémonies d’ouverture et je peux m’imaginer devant cette délégation mais la balle n’est pas dans mon camp et je ne veux pas m’attarder là-dessus. »

Tony Estanguet a un avis aussi aiguisé sur le boycott des Jeux que ses coups de pagaie dans l’eau : « Je suis contre le boycott. Le dialogue est la meilleure solution. Avant d’être sportif de haut-niveau je suis un citoyen. On ne peut pas tolérer ce qui se passe en ce moment. On insiste partout sur les problèmes au Tibet mais dans le monde il y a beaucoup d’autres zones de conflits où on arme des enfants de 11 ans. Le sport est moins important que ça. Les Jeux ne sont rien par rapport à ça. Le boycott ne permettra pas à la Chine de s’ouvrir alors que les Chinois ne demandent qu’à s’ouvrir. »
Premières portes franchies dans le bassin de Pékin, le 11 août.

La rédaction - François Giuseppi-Intégrale Sport (rediff)