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Estanguet : « L’échec de Pékin m’a servi »

Tony Estanguet

Tony Estanguet - -

Le céiste de 34 est devenu champion olympique pour la 3e fois de sa carrière mardi à Londres. Une belle revanche pour le Palois, quatre ans après son élimination en demi-finale des JO de Pékin. Au lendemain de son triomphe, il s’est confié ce matin sur RMC.

Tony, comment accueillez-vous ce 3e sacre olympique ?

Je venais ici pour décrocher l’or. J’avais du mal à me dire que j’en étais capable. Mais c’était l’objectif. Il faut garder un peu d’humilité parce que ça se joue à quelques détails. Je suis très heureux. J’ai eu beaucoup de réussite dans ma carrière. C’est vraiment génial.

Est-ce une revanche après votre désillusion aux Jeux Olympiques de Pékin en 2008 (il avait été éliminé en demi-finale) ?

Oui, l’échec de Pékin m’a servi. Ça a été une bonne leçon. Derrière, j’ai eu une remise en question. Ça a été un super défi de revenir à mon meilleur niveau. Ce qui rend cette victoire aussi belle, c’est qu’il y a 4 ans, j’étais sous l’eau. Les JO, ça reste une fête. Le fait de voir mes amis proches et ma famille présents à Londres, c’était génial. Sans eux, on ne peut pas y arriver. Ils nous aident dans les moments difficiles. Je leur dédie cette victoire.

Comptez-vous poursuivre votre carrière ?

Je n’ai pas encore pris de décision sur la suite de ma carrière. J’avais décidé de mettre toute mon énergie dans ce défi comme si je n’avais jamais fait les Jeux et qu’il fallait absolument les gagner pour la première fois. Je vais savourer un peu, laissé retomber tout ça et je prendrais ma décision dans les prochains jours.

Vous postulez pour intégrer le comité international olympique en tant que représentant des athlètes…

C’est un défi qui me tient à cœur. Je vais essayer d’avoir un statut de représentant des athlètes au sein du CIO. C’est l’instance qui décide un peu du sport mondial. Elle attribue les villes qui organisent les Jeux Olympiques, les sports qui sont au programme. Ça fait quand même une vingtaine d’années que je côtoie cet olympisme. J’ai envie d’apporter mon expérience.

Que vous inspire la possible candidature de la France pour l’organisation des JO 2024 ?

On a tous envie de voir la France organisait à nouveau de grands événements sportifs comme les Jeux Olympiques. Aujourd’hui, on n’en est pas là. On a besoin de reconquérir du crédit à l’international. Il y a du travail. Si je peux être élu au sein du CIO, ça permettra à la France d’avoir une voix de plus. Et petit à petit regagner le cœur de cette instance qui décide de tout aujourd’hui.