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Estanguet : « On n’a encore vraiment rien décidé »

Tony Estanguet

Tony Estanguet - AFP

Présent ce lundi à Monaco à l’occasion de la 127e session du Comité International Olympique, Tony Estanguet, membre du CIO, est revenu sur les changements à venir et la possible candidature de la France pour l’organisation des Jeux Olympiques en 2024.

Tony Estanguet, que pensez-vous des changements adoptés par ce lundi le CIO ?

Moi, je trouve assez impressionnant de voir qu’une institution comme le CIO qui en impose, qui est une grosse machine, soit capable de se remettre en question à ce niveau-là, d’ouvrir le débat avec les fédérations, les CNO ou l’ensemble des partenaires. Moi j’observe parce que je suis un peu nouveau dans la maison. Aujourd’hui, je n’ai pas assez d’expérience pour être capable de vraiment critiquer. Mais de ma position, je trouve que c’est plutôt le signe d’une institution qui a envie de bouger.

En France, on parle désormais d’une éventuelle candidature de Paris pour les JO 2024. Ces mesures pourraient-elles aller dans le bon sens ?

Aujourd’hui, la candidature française, elle se murmure. L’agenda est en train de s’accélérer. En France, c’est un sujet d’actualité. C’est plutôt bien. Les recommandations qui sont ici présentées et proposées vont plutôt dans le bon sens. Je pense au fait de réduire les coûts, d’avoir un petit peu plus de transparence, d’essayer de valoriser l’héritage, d’utiliser au maximum les équipements existants. Il y a quand même un certain nombre de choses qui devraient aller dans le sens d’une candidature française. Donc moi, je soutiens effectivement la réflexion. Aujourd’hui, on en est là : on n’a pas encore vraiment décidé d’y aller ou non. C’est plutôt responsable de notre part de vraiment nous poser les questions, est-ce que c’est le bon moment d’y aller.

Travaillez-vous déjà sur ce dossier ?

Je pense que le fait d’être actif, de prendre la parole, de rester au contact des autres membres, c’est déjà plutôt une bonne chose. Il n’y a pas vraiment de stratégie pour le moment encore. On est très loin des votes. Ma stratégie personnelle, c’est de bien comprendre cette institution, de mieux connaître chacun des membres, savoir un petit peu quels sont leurs propres intérêts, qu’est-ce qu’ils défendent au sein du CIO, parce que c’est surement le meilleur moyen, ensuite, d’aller discuter avec eux et d’essayer de leur présenter un projet.

A titre personnel, tout se passe bien dans cette nouvelle vie de membre du CIO ?

Oui, je me régale ! C’est un bon moyen de continuer ce rêve olympique, de vivre une aventure incroyable. Autour de la table, il y a des gens qui ont une expérience incroyable avec je ne sais pas combien d’éditions de Jeux Olympiques… Moi, je suis le petit jeune. Mais ils sont assez cool avec moi. Il y a un peu ce rôle de grand frère chez certains. C’est quand même assez impressionnant de parler dans une session du CIO.

Jeux Olympiques : ce qui va changer

Réuni en session à Monaco depuis ce lundi, le Comité international olympique (CIO) a acté deux décisions dans le cadre de l’Agenda 2020 visant à réduire les coûts. D’abord le principe d’une candidature jointe de deux villes ou de deux pays à l’instar de ce qui peut se faire pour des sports collectifs. Cette mesure sera applicable à partir des Jeux Olympiques 2024. Autre décision prise par le CIO, la possibilité de voir le nombre de sports augmenter. Rappelons qu’il y en avait 26 à Londres en 2012.

la rédaction avec Antoine Arlot à Monaco