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Fourneyron : « Les Paralympiques ne sont pas les Jeux de la pitié »

Valérie Fourneyron

Valérie Fourneyron - -

Présente à Londres pour les Jeux Paralympiques (29 août-09 septembre), la ministre des Sports Valérie Fourneyron plaide pour une plus grande intégration des « handi » avec les valides.

Valérie Fourneyron, comment voyez-vous ces Jeux Paralympiques ?

On n’est pas dans les Jeux de la compassion ou de la pitié, bien au contraire. On est aujourd’hui dans des Jeux Paralympiques qui montrent des performances sportives, avec derrière un travail de préparation, de récupération, sur la technique, le matériel. Ces Jeux bénéficient d’une même organisation que les JO que nous avons quittés il y a peu, des mêmes lieux, du même public enthousiaste. C’est ici en 1948 que ces Jeux ont été conçus avec les blessés de la Royal Air Force. On a une intégration complète. « I am what I am » (Je suis ce que je suis), clamait hier (mercredi) la cérémonie d’ouverture. Notre société se fait avec chacun et chacune.

Face au dispositif ambitieux des Britanniques (organisation, public, TV), la couverture télé du service public en France parait timide…

Dès le mois de juin, j’avais souhaité en rencontrant le président de France Télévisions qu’il y ait plus de place. Il y a néanmoins un vrai progrès. L’approche est plus sportive, cette différence n’existe plus à l’arrivée. On doit donner envie aux jeunes générations.

Comment faire durer cette exposition exceptionnelle des sportifs handisport ?

Les échanges sur la performance sont essentiels avec les fédérations valides. Il faut partager le savoir-faire. Il faut aussi réfléchir au temps des Jeux Paralympiques. Est-ce qu’on ne pourrait pas avoir des Jeux qui ouvrent les Jeux Olympiques plutôt qu’après, au moment où tout le monde a fini son été ? Il y a de plus en plus d’événements sportifs avec des programmations communes : Roland-Garros a le tournoi de tennis fauteuil en même temps, idem pour les Mondiaux d'escrime au Grand Palais à Paris. Il y a une dynamique nouvelle. Londres et ce qui va suivre doit être un tournant pour la place des personnes en situation de handicap.

Propos recueillis par Camille Gelpi à Londres