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Goberville, un tir qui vaut de l’argent

Céline Goberville

Céline Goberville - -

Céline Goberville (25 ans) a décroché dimanche matin la première médaille pour le camp tricolore, au tir au pistolet à 10m. Logique, la blondinette de 25 ans a « baigné » dans l’univers des armes depuis son plus jeune âge.

Finalement, il était écrit que Céline Goberville serait un jour médaillée olympique. Couronnée d’argent, ce dimanche matin, dans l’épreuve de tir à 10 mètres, cette Picarde avait manqué de peu les JO de Pékin, il y a quatre ans, alors qu’elle était présélectionnée. Mais celle qui évolue en équipe de France depuis l’âge de 14 ans tient désormais sa revanche : « Je suis très fière de ramener une médaille pour la France, commente-t-elle émue. Je ne pensais pas monter sur le podium, même si j'avais fait une bonne saison. J'ai du mal à réaliser. J'ai été déçue du dernier plomb qui me fait passer de la première à la deuxième place. Mais l'important, c'est la médaille. »
Cette deuxième place derrière la Chinoise Guo Wenjun ne doit rien au hasard. Championne d’Europe en 2011, vainqueur de la Coupe du monde à Belgrade en 2010, sacrée 15 fois championne de France, Céline Goberville est une des figures phares du tir tricolore, cette discipline méconnue qui compte tout de même 150 000 licenciés. « Elle est dans le Top 5 mondiale », rappelait Gilles Muller, le DTN, avant une finale qu’elle a failli remporter.

Une deuxième médaille dans l'épreuve du pistolet à 25 m ?

Mais l’histoire d’amour entre la native de Senlis et le tir ne se limite pas à son joli palmarès. C’est avant tout une affaire de famille. « C'est en grande partie grâce à eux que j'ai une médaille », confirme la petite blonde.
Sa mère au pistolet, son père à la carabine ont évolué, eux aussi, en équipe de France. Dès l’âge de 6 ans, sa sœur aînée, Sandrine (elle aussi en équipe de France) s’essaye à la carabine. Céline s’y met aussi mais trouve l’arme trop lourde. Sa mère lui recommande le pistolet. Bonne idée. « On parle de tir à table ou le soir après l’entraînement, admet Céline. Mais on arrive tout de même à conserver une vraie vie familiale, c’est important. » On vous laisse imaginer les soirées dans la famille Goberville !

Cet équilibre, la vice-championne olympique le trouve grâce à l’équitation, son autre grande passion. Il y a un an, elle abandonne même ses études en kinésithérapie pour se lancer dans un brevet d’animateur poney. Céline Goberville pourrait d’ailleurs revenir au centre équestre avec une autre médaille autour du cou puisqu’elle est aussi engagée dans l'épreuve du pistolet à 25 m, sa spécialité.

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Les petits secrets de « papa Goberville »|||

Dans la famille Goberville, Daniel, le père, est loin d’être étranger à la réussite de sa fille. Ex-membre de l’équipe de France, le Picard a joué le rôle d’entraîneur auprès de sa protégée. « Céline a commencé avec sa mère à l’école de tir, puis j’ai pris le relais », raconte Daniel, qui révèle l’un de ses secrets : « Depuis 15 ans, on travaille ensemble sur toute la psychologie du tir puisqu’on a une conception essentiellement basée sur la manière de penser, la préparation mentale. Le côté technique est secondaire. » « Papa Goberville » n’est donc pas surpris par la réussite de sa fille, qui restera à jamais la première médaillée française des JO de Londres : « Aujourd’hui, je qualifierais son tir d’excellent dans le comportement, les points sont là. La médaille aussi. C’est la cerise sur le gâteau, jubile-t-il. Mais ce que je retiens surtout, c’est la capacité de maitrise qu’elle a eue pendant ce match, toute cette volonté qu’elle a mis à ne rien lâcher, à aller jusqu’au bout des choses. Et le courage également, devant un grand rendez-vous. » Bref, Daniel est un papa heureux.

Aurélien Brossier