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Guénot : « Sur le tapis pour tout donner »

Steeve Guénot

Steeve Guénot - -

Il y a quatre ans à Pékin, Steeve Guénot décrochait le titre suprême de lutte gréco-romaine (+66kg). Quatre ans plus tard et après avoir cravaché pour se qualifier pour les JO de Londres, le lutteur tricolore qui entre en lice ce mardi, se souvient.

C’est lorsqu’il a posé le pied sur le sol français, au retour de Pékin, que Steeve Guénot a vraiment compris : « Il y avait plein de monde à l’aéroport, raconte le champion olympique de lutte, catégorie -66kg. Là-bas, en Chine, on ne réalisait pas. Ici, des gens nous avaient attendus pour nous accueillir. C’était un peu comme des footballeurs qui viennent de gagner la Coupe du monde. Bon, là j’abuse un peu… »
En 2008, Steeve Guénot a 22 ans. Sa jeunesse, sa fougue et bien sûr son talent le propulsent jusqu’en finale de l’épreuve de lutte gréco-romaine. Mais le natif de Chalon-sur-Saône a une autre corde à son arc : « Mon insouciance, glisse-t-il. C’était ma force. Je n’étais pas stressé avant la finale. »

« Je perds ? J’ai déjà une médaille olympique ! »

Guénot se souvient parfaitement des heures qui ont précédé son combat face au Kirghize Kanatbek Begaliev : « Juste après ma qualification, je me suis mis à l’écart, raconte-il. Personne n’est venu me parler, me déconcentrer. Je suis rentré au village olympique tout seul. Je suis aussi resté seul dans ma chambre. Et puis je suis revenu sur le tapis pour tout donner. »
Ce 13 août 2008 est un très grand jour pour la famille Guénot. Quelques minutes avant le sacre de Steeve, Christophe, le grand frère, décroche le bronze dans la catégorie des -74 kg. Rien, toutefois, ne viendra altérer l’envie de Steeve, relâché comme jamais : « Je me suis dit : « Tu perds ? Tu as déjà une médaille olympique ! » Mais il faut croire que l’argent ne lui suffisait pas. « Après, j’ai fait la fête avec d’autres sportifs, des médaillés », jubile encore celui qui remettra son titre en jeu ce mardi, à compter de . L’insouciance en moins.