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Hannouni-Donval, jamais sans leurs guides

Assia El Hannouni et Gauthier Simounet

Assia El Hannouni et Gauthier Simounet - -

Assia El Hannouni et Olivier Donval feront partie des grandes chances de médailles de la délégation française aux Jeux Paralympiques de Londres (du 29 août au 9 septembre). Les deux athlètes peuvent compter sur leurs guides pour atteindre les sommets.

Aux Jeux Paralympiques, seuls les athlètes malvoyants sont récompensés d’une médaille. Tant pis pour les guides… Et pourtant, c’est bien à deux que se construisent les plus belles histoires. Depuis 2008, Assia El Hannouni et Gauthier Simounet sont inséparables. Atteinte d’une rétinite pigmentaire, une maladie qui fait perdre progressivement la vue, la Bourguignonne a vu sa vision se dégrader à l’adolescence. Mais pas question pour autant d’abandonner l’athlétisme. Même si elle a eu du mal à accepter le fait de devoir courir aux côtés d’un guide, la coureuse de l’US Créteil s’est vite adaptée pour devenir une véritable championne. « Je voulais y parvenir tout seule, mais il faut parfois se rendre à la réalité, assure-t-elle. Avoir un guide ne me donne pas une meilleure vision. Mais il m’est plus ou moins indispensable. Je le sens vraiment au moment du départ ».

La sextuple championne olympique (4 médailles d’or en 2004 à Athènes et 2 en 2008 à Pékin) vit depuis 4 ans une véritable idylle amicale avec Gauthier Simounet. « On dit que l’amitié entre un garçon et une fille n’existe pas, nous on prouve le contraire, confie la Française. On a une relation hyper intime. » Quand Assia court, elle ne voit ni les lignes, ni ses concurrentes. Mais Gauthier, qui est un athlète valide, est à ses côtés, rattaché par un simple petit cordon, pour l’empêcher de dévier de sa trajectoire. Pendant la course, pas de mot, pas d’indication : tout est réglé au millimètre. « Avec Assia, il y a tout de suite eu ce feeling sur la piste, qui nous a permis de réaliser de belles choses à Pékin, se réjouit Gauthier Simounet. On est un vrai duo. Elle est athlète, je suis le guide. Mais on vit les performances ensemble, que ce soit les victoires comme les défaites ».

Donval-Saccomandi, un duo « presque parfait »

Les Jeux Olympiques sonnent également comme une revanche sur la vie pour Olivier Donval, atteint d’un déficit visuel depuis l’âge de 20 ans. Comme son homologue Assia El Hannouni, le cycliste français a trouvé en John Saccomandi le guide idéal pour atteindre les sommets. Ces deux amoureux du cyclisme ont concilié leur passion sur le tandem pour décrocher des titres de champion d’Europe et champion du monde. « Ça fait 5 ans que je fais du vélo avec John avec qui, il y a eu ce petit coup de cœur, assure Olivier. Le lien est tout de suite passé. Pour atteindre les sommets, il faut savoir se faire confiance dans la vie sociale comme dans la vie sportive. On nous dit souvent qu’on est un vrai couple. Mais c’est une forte amitié ».

Si aujourd’hui les deux hommes partagent tout et sont parmi les tous meilleurs mondiaux, ils sont également passés par des moments « galères » par le passé. « On a fait beaucoup d’erreurs, témoigne John Saccomandi. Mais on a beaucoup travaillé avec un préparateur mental, qui nous a appris à communiquer ensemble. On est passé par beaucoup d’échecs et maintenant on n’est pas loin d’être un tandem parfait. » Médaillés de bronze à Pékin en 2008, les « inséparables » espèrent désormais atteindre la perfection en allant chercher l’or à Londres

Alexandre Mispelon avec Camille Gelpi