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Hollande : « La France peut aussi être au rendez-vous »

François Hollande

François Hollande - -

De passage au Club France, lundi à Londres, le chef de l’Etat a ouvert la porte à une candidature française pour les Jeux Olympiques d’été de 2024. La balle est dans le camp du mouvement sportif.

M. le Président, pourquoi êtes-vous venu à Londres ce lundi ?

Je considère qu’en tant président, telle est ma place. Le Premier ministre (Jean-Marc Ayrault) est venu pour la cérémonie d’ouverture, très réussie, et moi je souhaitais prendre une journée avec les athlètes pour témoigner du soutien que la France accorde à ses champions. Ce qui m’a été montré, c’est une volonté qui peut servir de référence. Nous sommes confrontés à des épreuves économiques, nous pouvons douter, mais si nous sommes capables de nous mobiliser, nous pouvons, nous aussi, être au rendez-vous.

Que ressentez-vous ?

Je suis fier d’être président de la République française aujourd’hui. J’ai eu la chance de voir des athlètes qui ont remporté des médailles, dont une d’or avec Yannick (Agnel). J’ai eu la chance aussi de voir des champions qui ont donné tout ce qu’ils pouvaient pour porter les couleurs de la France. Je pense à Laura Flessel. Je me souviendrai longtemps que j’étais là pour voir son dernier assaut.

En voyant ces Jeux, cela vous donne-t-il des idées ?

(Rires) Je veux saluer la qualité de l’organisation et le nombre de bénévoles qui ont permis depuis trois jours le succès de ces Jeux. Nous les regardons avec envie. Nous pouvons nous dire que nous aurions pu, nous aussi, accueillir des Jeux. Il ne faut jamais avoir de regrets. Prenons l’exemple du relais des nageurs qui n’avait pas pu gagner l’or il y a quatre ans. En attendant de savoir ce qu’il va se passer en 2013 pour la désignation de la ville qui accueillera les Jeux en 2020, si le mouvement sportif en décidait, nous aurions préparé cette compétition avec beaucoup de soins. Mais je ne veux pas aller plus vite que le mouvement sportif.

Vous débarquez à Londres alors que la France est bien devant la Grande-Bretagne en termes de médailles…

Les Britanniques ont mis un tapis rouge aux athlètes français pour gagner des médailles, et je les remercie. J’ai discuté avec David Cameron (le Premier ministre britique), et il a bon espoir en natation, en athlétisme. On fera les comptes à la fin. C’est le résultat de l’Europe qui va compter, on mettra les médailles anglaises dans l’escarcelle de l’Europe comme ça les Britanniques seront contents d’être dans l’Europe… cette année (rires).

« Il n’y a pas que Paris »

Si la France organise les Jeux comment, comptez-vous résoudre le problème des places vides ?

Nous n’en sommes pas là, nous ! S’il y a une place vide, c’est celle de Paris ! Nous poserons éventuellement un dossier, nous n’allons pas faire la leçon à d’autres. Ce n’est jamais facile d’organiser des Jeux, les fédérations prennent des places et ne les restituent pas toujours. J’ai trouvé les Jeux très bien organisés. Je ne ferai pas ici le rabat-joie.

Que faudra-t-il améliorer par rapport aux précédentes candidatures ?

Nous avons l’expérience des échecs. La première leçon est que ça doit partir du mouvement sportif, ensuite une collectivité qui décide de porter un projet, se reposer sur des sportifs, avoir de bonnes relations avec ceux qui vont voter. Des personnes qui aiment par définition Paris mais pas suffisamment pour lui confier des Jeux. Il faut donner des preuves que ça peut être un grand succès. Mais c’est vrai que, depuis 1924, ça fait longtemps.

N’y a-t-il que Paris ?

N’allons pas plus vite là encore… Il faudrait que plusieurs villes se portent candidates, ce qui n’est pas le cas. Il n’y a pas que Paris. Je ne veux pas être celui qui veut une candidature à Paris ou ailleurs. C’est peut-être ce qui nous a couté la victoire en 2005.

Propos recueillis par Louis Chenaille, à Londres