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Jeux olympiques: les lutteurs face au défi du TQO

Jusqu'à dimanche, les lutteurs français tenteront de décrocher leur sésame olympique lors d'un premier TQO à Budapest. Pour l'instant, aucun Tricolore n'a son billet pour Tokyo. Il faudra atteindre la finale de sa catégorie pour être du voyage. Revue d'effectif avant le rendez-vous hongrois.

Lutte féminine: Larroque attendue

Il y a cinq ans, Koumba Larroque (68kg), encore junior, frôlait la qualification olympique lors des deux tournois de qualification (TQO), terminant à chaque fois troisième. Depuis, la lutteuse de Sainte-Geneviève a bien garni son palmarès avec médailles européennes et mondiales. C'est la chance bleue numéro 1 cette semaine en Hongrie. "Elle sait que toutes les filles veulent la dégommer, pense Thierry Bourdin, le patron des féminines. Sur le stage en Allemagne, je l'ai sentie très très bien. Je sais qu'elle sera prête pour l'événement." Larroque est débarrassée de l'Ukrainienne Cherkasova, déjà qualifiée, un mauvais souvenir. Cette fille avait vrillé les genoux et les chevilles de la Française en finale des Mondiaux 2018.

Pauline Lecarpentier (76kg), cinquième des Europe 2020, a progressé dans la hiérarchie: "C'est une fille qui ne pose pas de questions, elle y va à 300%", selon Bourdin. Julie Sabatié (50kg) a déjà vécu des TQO: "Elle est prête, juge Thierry Bourdin. Elle sait qu'elle va avoir deux matchs difficiles pour passer." A 20 ans, Améline Douarré (76kg) est la surprise de cette sélection. Cette fille de lutteur fait partie du collectif Paris 2024: "Elle va faire son baptême du feu, ajoute le boss des féminines. Je l'ai avertie que ce sera très compliqué."

Lutte libre: Mukhtarov pour faire oublier Khadjiev

"J'ai fait des rêves, raconte Ilman Mukhtarov. Cela ne m'arrive pas d'habitude. Je n'ai pas rêvé d'une finale mais d'une demi-finale que je gagne 6-2." Prémonitoire? Mukhtarov a bien noté que c'est la demie, le match qui vous envoie au paradis ou au purgatoire. Le grand ami de Zelim Khadjiev, qualifié puis suspendu pour dopage (l'affaire est toujours au cours au TAS), s'est préparé pendant un mois au Daghestan face à des types "qui ne se jettent pas à plat ventre quand tu leur attrapes une jambe". Mukhtarov a profité du premier confinement pour se relancer et les résultats sont là: médaillé en Pologne et en Ukraine, il ouvre le bal ce jeudi.

Charles Afa (74kg) et Akhmed Aibuev (86) l'accompagnent dans cette mission. Afa, est revenu à l'entraînement jeudi dernier après une blessure à une côte. Aibuev est en forme. Il a conquis l'argent au challenge Deglane. Et comme leur répète Didier Païs, leur coach, d'ici la pesée, "ne mangez pas de chocolat".

Gréco-romaine: Noumonvi pour ses quatrièmes JO

A 38 ans, Mélonin Noumonvi vise une quatrième participation aux JO. Après Athènes, Pékin (5e), Londres (5e), le champion du monde 2014 des moins de 85 kilos prend soin de son corps pour ne pas gâcher cette cartouche. Il n'a pas participé au dernier stage préparatoire en Hongrie pour ne pas entamer ses forces. Après avoir raté les Jeux 2016 à Rio de Janeiro, le vétéran des Bleus s'est fixé en 97kg.

A ses côtés, Mamadassa Sylla est sur une pente ascendante. Vainqueur du challenge Deglane à Nice le mois dernier, ce futur maître-nageur s'est parfaitement remis d'une rupture du tendon d'Achille il y a plus d'un an. Enfin, Evrik Nikoghosyan (77kg) , "en fin de carrière, un guerrier dans l'âme, qui est de mieux en mieux semaine après semaine, précise Christophe Guénot, l'entraîneur des gréco. C'est comme un championnat d'Europe, il manque les deux-trois meilleurs déjà qualifiés via les Mondiaux. Ils savent qu'ils doivent aller en finale et la demi-finale c'est la finale, le gros match qu'il ne faut pas rater." Objectif: en qualifier au moins un avant le dernier tournoi, mondial celui-là, du 6 au 9 mai à Sofia.

M.Maury