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Jeux Paralympiques : les princesses du 100m

Mandy François-Elie

Mandy François-Elie - -

Les athlètes françaises Mandy François-Elie, 23 ans et Marie-Amélie Le Fur ont remporté l’or sur 100 m T37 et T44 aux Jeux Paralympiques, ce dimanche. Un résultat fantastique pour la Martiniquaise de 23 ans, plus attendu pour sa compatriote du Loir-et-Cher.

Le destin de Mandy François-Elie est extraordinaire. Ce dimanche, sur la piste du Stade Olympique de Londres, la jeune sprinteuse française a décroché le titre paralympique sur 100 m, signant au passage le record d’Europe handisport sur la distance en 14’’08. L’athlète martiniquaise de 22 ans, quatrième des bilans mondiaux cette saison a sûrement profité de l’effet de surprise en complément de son talent pour couper la ligne la première.

En effet, la native des Antilles achève sa première saison en tant que licenciée handisport après avoir été repérée seulement en mai dernier lors d’un Meeting International en Rhône-Alpes. Ce jour-là, le responsable de la détection des jeunes à la commission d'athlétisme handisport Gwénaël Lanne-Petit, aussi entraîneur référent jeune, était tombé sous le charme. Tout s’est ensuite enchaîné très vite pour la Lamentinoise. Sélectionnée pour les championnats d’Europe en juin, elle fait forte impression et décroche son billet pour Londres en août.

Si elles s’étaient intéressées à son passé, ses adversaires lui auraient certainement accordé plus de méfiance. Avant de subir un AVC à la veille de passer son baccalauréat qui l’a laissée dans le coma durant une longue période, François-Elie était une athlète d’avenir sur sa distance de prédilection, le 400 m. Elle avait même établi un record de Martinique en 55''23 et l’équipe de France lui faisait les yeux doux. Quatre ans plus tard, « la miraculée » comme l’appelle son père, est revenue sur la piste, toujours animée de la même rage de vaincre. Pour ses premiers Paralympiques elle a frappé fort. Egalement alignée sur 200 m et 400 m, elle pourrait prolonger le bonheur.

Le Fur, double lame

Un bonheur qu’a aussi connu Marie-Amélie Le Fur ce dimanche dans la capitale britannique. Recordwoman du monde de saut en longueur depuis le 22 juin dernier et un bond à 5,43 m à Belfort, la Française de 23 ans n’a pu arracher que le bronze en matinée, quatre ans après l’argent à Pékin dans la même discipline. Pourtant, la « petite fée de l’équipe de France » comme l’appelle Maryse Ewanjée-Epée est revenue avec la même détermination pour décrocher l’or sur 100 m F44 (amputées tibiale), sa catégorie de prédilection comme en atteste son sacre mondial l’année dernière.

« Jamais Amélie ne s’est pas désunie, s’enchante Maryse Ewanjée-Epée, membre de la Dream Team RMC. Il a fallu quelques secondes pour qu’elle réalise qu’elle avait gagné tant elle était concentrée sur son effort. Son sprint était très pur, comme son sourire dont elle ne se départit jamais. Marie-Amélie qui a été victime d’un accident de scooter dans son adolescence, a fait depuis longtemps oublier son handicap. On ne voit que son bonheur et sa puissance sur la piste. Je l’adore ! ». Nul doute qu’en cas de nouvelle médaille sur 200 m, l’admiration pour Le Fur deviendrait contagieuse.

Le titre de l'encadré ici

Les autres médaillés du jour|||

Outre les deux jeunes sprinteuses, d’autres membres de la délégation tricolore ont décroché des médailles à Londres portant leur nombre à 17. L’aviron bleu s’est d’abord couvert d’argent grâce à Nathalie Benoit (skiff) et au duo mixte Perle Bouge et Stéphane Tardieu en deux de couple mixte tronc et bras. Isabelle Lafaye Marziou et Thu Kamkasomphou ont, elles, décroché deux médailles de bronze en tennis de table. En fin de soirée, l’athlète Julien Casoli les a imitées sur 5.000 m, clôturant ainsi une belle journée pour l’équipe de France.

Jérôme Carrère