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JO 2016 : l'athlète Marieke Vervoort pense à mettre fin à ses jours après Rio

Marieke Vervoort

Marieke Vervoort - AFP

La spécialiste belge du sprint en fauteuil, championne du monde et championne olympique, mettra un terme à sa carrière après les Jeux paralympiques de Rio. Et peut-être à sa vie peu après. Car pour elle, le quotidien sans le sport est un calvaire.

En Belgique, Marieke Vervoort est une sportive reconnue. On la connaît aussi sous le nom de Wielemie, en référence à son fauteuil roulant. La Belge est une championne du sprint handisport. En 2012, lors des Jeux paralympiques de Londres, elle s'était parée d'or sur 100 mètres et d'argent sur 200 mètres. Et en octobre dernier, à l'occasion des Mondiaux de Doha, Wielemie a signé un triplé en or sur 100, 200 et 400 mètres.

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« Je commence à penser à l’euthanasie »

A 37 ans, la sprinteuse va concourir aux Jeux paralympiques de Rio (7-18 septembre) sur 100 et 200 mètres. Ce sera son ultime compétition. Elle l'a annoncé aux médias belges : « J’arrêterai ma carrière après Rio. Après, nous verrons bien ce que la vie m’apportera et j’essayerai de profiter des meilleurs moments ». Marieke Vervoort a même lâché une nouvelle importante. « Je commence à penser à l'euthanasie », a-t-elle confié.

Depuis l'âge de 14 ans, Wielemie souffre d'une maladie inconnue qui provoque une dégénérescence progressive de tout son organisme, la privant de ses forces, de son autonomie et de l'usage de certains membres. Seule la pratique intensive du sport de haut niveau parvient à entraver un peu l'expansion du mal qui la ronge.

De terribles souffrances au quotidien

En janvier dernier, une équipe de Stade 2 a rencontré la championne. Sans tabou, Marieke Vervoort dévoile son quotidien et ses pensées, partagées entre son amour pour le sport et l'horreur de la maladie. « Tout le monde me voit heureuse avec la médaille d'or mais ils ne voient pas le côté sombre. Je peux souffrir énormément, dormir quelques fois seulement 10 minutes par nuit et tout de même aller chercher l'or », expliquait-elle. Adepte de basket, de plongée ou encore de triathlon, la Belge ne peut désormais plus s'adonner à autre chose qu'à l'athlétisme. En quelques mois, elle a perdu plus de 10 kilos de muscle... ce qui ne l'a pas empêché de régner à Doha lors des derniers Mondiaux.

Entourée de ses proches et de sa chienne Zen, Marieke Vervoort s'accroche depuis longtemps et chérit ses amis. Mais les journées et les nuits sont de plus en plus difficiles. Elle s'évanouit souvent, porte des couches, multiplie les séjours à l'hôpital, prend du Valium et de la morphine quotidiennement, reçoit la visite d'une infirmière toutes les quatre heures... « Parfois, tous ces gens qui m'entourent au quotidien, jour et nuit, cela m'insupporte. Je n'ai plus de vie privée », déclarait-elle. Depuis un certain temps, Wielemie s'est débarrassée de ses angoisses. Désormais, c'est avec sérénité qu'elle aborde sa fin de vie. En Belgique, l'euthanasie est légale. Quand le moment sera venu, la championne s'en ira, libérée de ses souffrances. Et ses adieux sont déjà préparés : « Pour mes funérailles, je ne veux pas d'église, de café ni de gâteaux. Je veux que tout le monde ait une coupe de champagne à la main et une pensée pour moi ».

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JO de Rio 2016

Nicolas Bamba