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JO 2016 : pour la Russie, c’est toujours aussi flou

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Épargnée par le filet antidopage du Comité International Olympique (CIO) la Russie ne sait toujours pas combien de sportifs elle enverra au Brésil, alors qu'on attend toujours les réponses de deux grosses fédérations, la gymnastique et la boxe.

Le CIO lui a sauvé la mise mais la Russie n’est pas encore tirée d’affaire pour les Jeux Olympiques. À la base, ce ne sont pas moins de 387 athlètes qui devaient prendre leur envol pour Rio. La délégation s’est depuis réduite à « 273 dans 30 disciplines » affirmait jeudi le ministre russe des Sports, Vitali Moutko, également impliqué dans le scandale de dopage. Ce vendredi, dans un dernier décompte, il en dénombrait 272 et assurait que « la décision finale serait prise demain samedi ».

Aujourd’hui, 111 sportifs russes seulement sont d'ores et déjà exclus des Jeux de Rio dont le cycliste Ilnur Zakarin, vainqueur d'une étape du Tour de France cet été et dopé par le passé.

Miser sur la transparence

Les sportifs qui peuvent participer à l’aventure brésilienne ont déjà commencé à débarquer à Rio, dans un souci de transparence. « Nous pouvons assurer que seuls des sportifs propres sont arrivés ici aujourd'hui », a martelé jeudi soir Yuri Butnev, porte-parole du Comité olympique russe (ROC), à sa descente de l'avion à Rio, avec le gros des troupes russes repêchées pour les JO.

« Gardez l'esprit combatif et ne faites pas attention aux éventuelles insinuations et provocations », leur avait conseillé avant le départ depuis Moscou le président du ROC, Alexandre Joukov.

Scandale de dopage d'Etat ou pas, ces sportifs ont été accueillis par plusieurs de leurs compatriotes à l'aéroport international de Rio. La semaine dernière, le CIO avait chargé les fédérations internationales de statuer sur l'éligibilité des sportifs russes en vertu de trois critères: ne pas avoir été sanctionné pour dopage par le passé, ne pas être mentionné dans le rapport McLaren et pouvoir présenter des tests antidopage négatifs et crédibles, c'est-à-dire effectués hors de Russie.

Malgré les réticences

Si certaines fédérations ont appliqué ces critères à la lettre, comme l'athlétisme (67 sur 68 exclus par l'IAAF) ou l'aviron (22 sur 28 virés par la Fina), d'autres ont été moins coopératives. Et certaines n'avaient toujours pas répondu vendredi, comme la gymnastique ou la boxe, deux sports où la Russie est particulièrement performante.

« Il fallait taper fort. On a tapé fort, mais cela fait des dégâts, parce que l'on ne peut absolument pas dire que les rameurs inéligibles sont dopés. Absolument pas », a expliqué le président de la Fédération internationale d'aviron, le Français Jean-Christophe Rolland. « Il y a des fédérations qui n'ont pas mis le curseur au même endroit. Je ne crie pas victoire, mais on a pris nos responsabilités, peut-être plus que d'autres fédérations. »

Le nombre d’athlètes autorisés par les fédérations de boxe et de gymnastique en dira certainement un peu plus sur le laxisme de la Russie quant aux accusations de dopage qui pèsent sur elle.

La rédaction avec AFP