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JO 2020 : Cinq candidats à la loupe

Jacques Rogge - Président du CIO

Jacques Rogge - Président du CIO - -

En septembre 2013 à Buenos Aires, le CIO dévoilera le nom de la ville organisatrice des Jeux Olympiques de 2020. Ils devront faire leur choix entre les dossiers de Doha, Bakou, Istanbul, Madrid et Tokyo, les cinq villes « requérantes ».

Doha (Qatar)
En 2000 déjà, à Sydney, les Jeux olympiques s’étaient déroulés en automne (du 15 septembre au 1er octobre). Alors Doha ne s’est pas gênée pour proposer, avec l’aval du CIO, des dates plus tardives qu’à l’accoutumée (octobre), ce qui lui avait été refusé lors de sa candidature pour les Jeux de 2016. Car le seul problème de cette candidature est le même que celui que redouteront les footballeurs lors de la Coupe du monde 2022 : la chaleur, étouffante en été (+ de 50°C parfois). En revanche, on ne se fait aucun souci pour la partie structurelle de l’organisation. Les pétro-dollars du Cheikh Tamim Bin Hamad al-Thani, président du comité olympique qatari (et, accessoirement, du PSG) sonnant comme une assurance de sites modernes, fonctionnels voire luxueux. Pas forcément une valeur olympique… 

Istanbul (Turquie)
Pour la cinquième fois depuis 2000, la capitale turque veut accueillir le monde en 2020. Sa candidature semble chaque fois plus sérieuse, son expérience des grands événements sportifs s’aiguisant régulièrement : GP de F1, Mondiaux de basket, finale de Ligue des champions de football... Le symbole d’une ville à cheval entre deux continents pourrait plaire au CIO, tout comme un nombre important de stades ou salles neuves ou rénovées. Dixième ville la plus visitée de la planète, Istanbul a l’habitude de gérer l’afflux de touristes. La ville « sera prête comme elle ne l'a jamais été », a promis le premier ministre M. Erdogan

Bakou (Azerbaïdjan)
Le très gros outsider du club des cinq. Culture sportive quasi-inexistante, infrastructures rares, tout est à faire ou presque dans un pays aux paysages, certes, fabuleux mais qui manque cruellement de coffre pour ambitionner accueillir les JO dans huit ans. Vingt-et-un ans après s’être défait du joug russe, Bakou est une ville dynamique où 50% de la population a moins de trente ans. « Nous pouvons étendre les valeurs de l’Olympisme à une région du monde qui en retirera des avantages considérables, plaçant le sport et ses qualités essentielles au cœur de notre société », dit le dossier. Un argument important, mais absolument pas suffisant pour crédibiliser une candidature vouée à l’échec. Un exemple ? Sur le site internet, aussi pauvre que la majorité de la population locale, la page « ambassadeurs » est toujours vide…

Tokyo (Japon)
Le pays du soleil levant joue sur la corde sensible. « Nous voulons faire des JO-2020 le symbole de notre redressement », a déclaré le président du Comité olympique japonais, Tsunekazu Takeda, en référence directe au tsunami et à la catastrophe nucléaire qui ont ravagé ses terres le 11 mars 2011. Déjà très complet, le dossier présenté pour l’obtention des Jeux de 2016 a été revu et corrigé après le désastre. A près de 70%, les Japonais approuvent la candidature et espèrent bien revoir des Jeux d’été qu’ils n’ont plus accueillis depuis 1964.

Madrid (Espagne)
Juste avant la date de remise des dossiers, Rome a annoncé son retrait de la compétition, bien trop minée par la crise économique. Madrid a pris le chemin inverse, concluant que l’organisation des Jeux pourrait aider la ville et le pays à se relever malgré un investissement prévisionnel aux alentours des 35 M€. C’est la cinquième candidature de Madrid, la troisième consécutive. Le dossier est donc largement avancé au niveau des infrastructures. Il est ainsi entendu que tous les sites seront à moins de vingt minutes du centre-ville. Une grande majorité d’entre eux existe déjà (27 sur 36) et le pays surfe sur une vague de succès sportifs. Pas sûr que Yannick Noah soit le bienvenu aux Jeux de 2020 si Jacques Rogge et le CIO élisent enfin Madrid ville olympique le 7 septembre 2013…