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JO 2020: Diniz "surpris et satisfait" par la délocalisation du marathon et de la marche

Le Comité international olympique a validé le choix de délocaliser le marathon et la marche pour les Jeux olympiques de Tokyo à l’été 2020. Ces épreuves longues auront lieu à Sapporo, au nord de l’archipel japonais, où les températures estivales sont un peu moins étouffantes que dans la capitale Tokyo. Une bonne nouvelle pour les athlètes et notamment Yohann Diniz.

Pas de marathon, ni de marche, dans les rues de Tokyo pour les prochains Jeux olympiques. Mais des épreuves qui se dérouleront à presque 1.000 kilomètres au nord, sur l’île d’Hokkaido, à Sapporo. C'est la décision prise par la Comité international olympique, ce vendredi. "Surpris et satisfait", Yohann Diniz, le recordman du monde du 50 km marche, juge cette nouvelle "relativement bonne". "C’est une décision qui prend en compte la santé des athlètes, c’est forcément positif", souligne le Français. Même son de cloche pour Jean-Claude Vollmer, l’entraîneur du marathonien français Hassan Chahdi, qualifié pour Tokyo 2020: "Ce sera un marathon moins violent, c’est un élément positif, mais il ne sera pas anodin pour autant."

"Il faudra se préparer à la dure quand même pour Sapporo"

Yohann Diniz revient tout juste d’une dizaine de jours au Japon. Et il s’est déjà renseigné sur les conditions qui l’attendront au nord du pays l’été prochain. "Le climat est un peu moins chaud certes (températures moyennes de 26°c en août, ndlr) mais il y a un taux d’humidité qui reste important donc il ne faut pas croire qu’on aura un climat européen, que ce sera facile. Il faudra se préparer à la dure quand même pour Sapporo." Le champion du monde 2017 du 50 km marche ne bousculera pas sa préparation. Après les Mondiaux de Doha, où la chaleur et l’humidité écrasante l’avaient contraint à l’abandon après seulement 16 kilomètres, Yohann Diniz va faire un gros travail d’acclimatation à ces conditions extrêmes, en chambre thermique notamment.

A 1.000 km de Tokyo, la ferveur olympique en berne

Si tous les acteurs des épreuves hors stade s’accordent à reconnaître que la santé des athlètes passe avant tout, tous regrettent à l’avance le fait d’être très loin du cœur des Jeux olympiques. Jean-Claude Vollmer avait adoré les Jeux de Münich en 1976 ou ceux de Sydney en 2000, "quand tout est dans le même lieu, c’est magique", mais cette fois il grince des dents à l’idée d’être "isolé". Yohann Diniz doit revoir toute son organisation avec ses proches et la Fédération, mais il a envie de passer par le village olympique quoi qu’il arrive. "Il y a la possibilité d’arriver quelques jours plus tôt à Tokyo pour profiter, sans concourir, puis aller après à Sapporo, c’est facile en Shinkansen (le TGV japonais) ou en avion. Ou pourquoi pas venir deux semaines avant au Japon pour terminer de se préparer sur place."

"Ne pas revivre l’enfer de Doha"

Il reste neuf mois avant le début des Jeux de Tokyo. La Fédération française d’athlétisme, qui avait prévu un camp de base à Kobe, près de Tokyo, doit revoir ses plans. Yohann Diniz et les marathoniens devront s’adapter, mais la priorité était de ne "pas revivre l’enfer de Doha". Au Qatar, à l’occasion des championnats du monde d’athlétisme, les épreuves hors stade s’étaient courues de nuit, sous plus de 35°c et avec jusqu’à 80% d’humidité, avec près d’un tiers d’abandon dans chaque épreuve. Le CIO a donc décidé de ne prendre aucun risque, malgré le coût économique de la délocalisation, près de 270 millions d’euros.

Aurélien Tiercin