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JO de Sotchi: remise d'une pétition au CIO contre la loi antigay russe

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La Russie est sous le feu des critiques d'ONG et de militants de la cause homosexuelle qui ont appelé mercredi à priver ce pays des jeux Olympiques de Sotchi en 2014. Il protestent contre une loi jugée "antigay" qui pourrait concerner les athlètes.

La loi sur la "propagande homosexuelle" votée en juin dernier s'invite dans l'organisation des Jeux Olympiques de Sotchi pour 2014. Cette loi, jugée discriminatoire, pourrait en effet s'appliquer à tout sportif montrant son soutien à la cause LGBT (lesbienne, gay, bi et trans). Mercredi, des associations ont demandé au Comité international olympique (CIO) de retirer à la Russie l'organisation des JO.

Pétition et boycott de la vodka russe

"Nous appelons instamment le Comité Olympique International à condamner la loi et à prendre des mesures pour s'assurer qu'aucun athlète, visiteur ou citoyen russe ne sera arrêté avant, pendant et après les Jeux d'hiver de Sotchi", souligne Andre Banks, directeur exécutif de l'association All Out. Une association qui a déposé auprès du CIO une pétition signée par plus de 320.00 personnes. Un site "Boycott Sochi 2014" a également été créé sur Facebook, recueillant déjà des milliers de signatures.

L'acteur britannique ouvertement homosexuel Stephen Fry a également interpellé le CIO. Sur son site internet, il écrit: "Une interdiction totale des Jeux Olympiques d'hiver de 2014 est tout simplement nécessaire. Organisez-les ailleurs, dans l'Utah, à Lillehammer, où vous voulez. Il faut à tout prix que Poutine ne puisse pas avoir l'approbation du monde civilisé."

Même cause, autre manifestation: des défenseurs de la cause homo ont appelé à boycotter la vodka russe, symbole nationale. Un appel entendu par de nombreux établissements LGBT de Russie mais aussi par des associations étrangères solidaires d'Angleterre, Canada ou Allemagne.

Les droits de l'Homme en question

La fronde s'est accentuée après l'interpellation fin juillet près de Mourmansk, dans le nord-ouest de la Russie, de quatre ressortissants des Pays-Bas, parmi lesquels le chef d'une ONG LGBT néerlandaise. Accusés de propagande homosexuelle devant mineurs, ils ont passé plusieurs heures dans un poste de police et se sont vus interdire l'accès au territoire russe pendant trois ans.

Human Rights Watch dénonce également le harcèlement de "nombre de défenseurs des droits de l'homme et de journalistes" ainsi que le traitement de la population et des travailleurs du parc olympique de Sotchi, situé entre les bords de la mer Noire et les montagnes du Caucase.

Le CIO se dit vigilant

"Le CIO souligne clairement que le sport est un droit de l'homme et doit être accessible à tous, libre de toute discrimination, et ceci s'applique aux spectateurs, officiels, médias et bien sûr aux athlètes", souligne la responsable des relations médias du Comité, Sandrine Tonge.

Pour le Comité Olympique, il faut attendre de voir comment la loi sera appliquée. Il affirme avoir "reçu des assurances au plus haut niveau du gouvernement de Russie que la législation n'affectera pas ceux qui assisteront et participeront aux Jeux". Le vice-Premier ministre russe chargé des JO, Dmitri Kozak, a assuré mercredi qu'il n'y aurait "aucune discrimination à l'égard de l'orientation sexuelle des personnes pendant les JO, ni avant ni après".

Pourtant, début août, le ministre russe des Sports Vitali Moutko avait de son côté déclaré que les sportifs homosexuels devraient "respecter" la loi russe interdisant "la propagande de l'homosexualité" pendant les JO.

Depuis le vote de cette loi controversée, les étrangers risquent une amende pouvant aller jusqu'à 100.000 roubles (2.300 euros), et pourront être détenus 15 jours et expulsés. Un problème pour les athlètes venus disputer les Jeux Olympiques d'hiver.

Marc Pédeau avec AFP