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JO: les appels à la démission se poursuivent après les propos sexistes du président de Tokyo 2020

Face à la multiplication des demandes de démission de Yoshiro Mori, le président de Tokyo 2020, après ses déclarations sexistes, une réunion extraordinaire du comité d’organisation aura lieu pour donner une réponse publique.

Près d’une semaine après la sortie sexiste du président de Tokyo 2020, Yoshiro Mori fait toujours face à une avalanche de critiques. Alors que la gouverneure de Tokyo, Yuriko Koike, avait donné l’autorisation au président du comité d’organisation des Jeux de conserver son poste, l’affaire ne semble pas terminée.

Ce mardi, la presse japonaise révèle qu’une réunion extraordinaire du comité d’organisation se déroulera avant la fin de la semaine, très certainement ce vendredi, pour évoquer son cas. Cette réunion aurait pour but notamment de trouver une réponse à donner aux médias et à l’opinion publique, à la suite des propos sexistes de l’ancien Premier ministre. Le conseil exécutif est composé de membres d'horizons différents, dont d'anciens athlètes, des législateurs et des chefs d'entreprise. 

Environ 390 volontaires ont démissionné

Une réponse qui paraît donc urgente alors que l’agence de presse, Kyodo News a révélé un sondage indiquant que près de 60 % des Japonais estiment que Yoshiro Mori n’est plus qualifié pour tenir son rôle de président des Jeux de Tokyo. De plus, les appels à sa démission se multiplient selon Kyodo et la chaîne de télévision privée FNN. Environ 390 volontaires des Jeux olympiques et paralympiques, sur les quelque 80.000 personnes recrutées en tout, ont décidé de démissionner, a indiqué le comité d'organisation, précisant que ce chiffre incluait des retraits pour toutes sortes de raisons.

Le comité a reçu environ 4.000 plaintes au sujet des déclarations du patron de Tokyo 2020, et deux personnes ont renoncé à participer au relais de la flamme olympique, d'après l'agence Kyodo. Une pétition en ligne a rassemblé plus de 140.000 signatures. Certains sponsors olympiques ont exprimé leur déception aux organisateurs face à la controverse et certaines entreprises ont déclaré aux organisateurs avoir reçu des plaintes et des menaces de boycott, a rapporté le quotidien Mainichi, citant des sources non identifiées. "Nous aimerions nous abstenir d'apparaître avec le président Mori" pour promouvoir des produits, a ainsi estimé un responsable d'entreprise cité par le quotidien.

Mori explique qu'il ne parlait "pas souvent avec des femmes ces derniers temps"

Samedi dernier, la n°3 mondiale, Naomi Osaka avait qualifié les derniers propos de l’homme politique japonais de "déclarations d'un ignorant" en conférence de presse. La Japonaise faisait alors référence aux dernières remarques de Yoshiro Mori, 83 ans, connu pour sa propension aux gaffes, sur les femmes selon lui trop volubiles lors des réunions. Cet ancien Premier ministre japonais a présenté ses excuses jeudi, mais a exclu de démissionner, et le Comité international olympique (CIO) lui a apporté son soutien, considérant que l'affaire était close. Ce dernier est apparu devant les médias sur la défensive, affirmant vouloir retirer ses propos tout en expliquant maladroitement qu'il ne parlait "pas souvent avec des femmes ces derniers temps".

Le porte-parole du gouvernement Katsunobu Kato a déclaré mardi que les organisateurs des JO devraient essayer de convaincre les volontaires de revenir. "Il est important que le comité d'organisation donne une explication précise aux volontaires", a-t-il déclaré, après la publication par Tokyo 2020 d'une déclaration citant les excuses de Mori et réaffirmant son engagement en faveur de l'égalité des sexes et de la diversité.

ALR avec AFP