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Killy fait le minimum syndical

Jean-Claude Killy

Jean-Claude Killy - -

Présent à Lausanne ce mercredi pour la présentation devant le CIO de la candidature d’Annecy aux jeux Olympiques d’hiver 2018, le Français du mouvement olympique limite ses apparitions pour la candidature haut-savoyarde au strict minimum. Explications d’une étrange discrétion.

C’est peu dire que la discrétion de Jean-Claude Killy dans la promotion d’Annecy 2018 est un casse-tête pour les experts en communication de la candidature française. Les notes rédigées par les consultants qui œuvrent pour le projet français sont explicites. « Il faut un communiqué de presse cette semaine intégrant une autre déclaration de JCK (Jean-Claude Killy) pour ‘’calmer les commentaires’’ de plus en plus critiques et les doutes concernant son implication dans la candidature », peut-on lire à la mi-avril dans la foulée de SportAccord à Londres. « Une présentation forte de Killy devant la presse nous permettra de répondre à l’une des questions qui revient régulièrement de la part des médias internationaux : l’implication de Jean-Claude Killy », recommande au début du mois de mai le duo d’experts Nick Varley et Dan Connolly en charge de la candidature haut-savoyarde.
Mercredi à Lausanne, Jean-Claude Killy défendra les couleurs d’Annecy 2018 devant ses homologues du comité exécutif du CIO. Il sera aux côtés notamment du président Charles Beigbeder, de la ministre Chantal Jouanno, et de l’autre Français du CIO Guy Drut. Si Killy s’est démené en février lors du passage de la commission d’évaluation du CIO à Annecy, le triple champion olympique de Grenoble (1968) n’a pas fait d’extras. Contrairement à Drut, Killy ne participe pas au marathon qui envoie depuis trois mois Beigbeder et son équipe aux quatre coins de la planète olympique. « Il œuvre pour la candidature avec sa noblesse », glisse le maire d’Annecy Jean-Luc Rigaut.

« Il en a marre qu’on l’appelle pour faire le pompier »

Killy s’était pourtant impliqué lorsqu’Edgar Grospiron assurait la présidence de la candidature, de janvier à décembre 2010. Il avait même connu quelques déboires. Ses conseils, notamment son projet compact dicté par les athlètes, ont longtemps été ignorés par les acteurs du comité de candidature, tout particulièrement par Rigaut. Il constate surtout qu’il n’a pas les coudées franches. « On m’a dit qu’on pouvait gagner avec 16,5 M€ », ressasse Grospiron qui passe pour son protégé. Aujourd’hui, le budget approche les 30 M€. Avec la démission du champion d’Albertville, Killy, depuis Genève où il réside, a repris ses distances avec la candidature.
S’il conserve un relais à Annecy avec Rémy Charmetant, fidèle de 92, ses relations avec Charles Beigbeder et Lucien Boyer d’Havas Sport, tout comme avec l’expert Andrew Craig, sont des plus neutres. « Il en a marre qu’on l’appelle pour faire le pompier », raconte un proche. Le seigneur des anneaux a promis qu’il referait à Durban, le 6 juillet lors du vote final, le coup de l’ascenseur. Pour permettre à Albertville d’arracher la victoire, il avait serré les mains de tous les délégués à l’hôtel la veille du vote. En revanche, pour les séances photos, les experts en communication pourront toujours attendre. Le triple champion olympique de Grenoble a décidé de n’assurer que le minimum syndical.