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L’Argentine, nouvelle menace pour les Bleus

Boris Diaw

Boris Diaw - -

Deux jours après leur lourde et logique défaite contre les Etats-Unis, Tony Parker et les Bleus voient se présenter devant eux une autre sérieuse écurie ce mardi (21h). Son ami Manu Ginobili et les Argentins ont surclassé la Lituanie.

Oubliez les Etats-Unis et l’Espagne. Ce ne sont pas les deux meilleures équipes du monde qui ont fait la meilleure impression dimanche lors de la première journée du tournoi olympique de basket, contre la France (98-71) et la Chine (97-81). Mais l’Argentine et la Russie, contre la Lituanie (102-79) et la Grande-Bretagne (95-75). Une question d’opposition et de rodage. Et plus encore que le talent d’un homme chez les Russes (Andreï Kirilenko, 35 points en 35 minutes), c’est le collectif argentin qui a crevé l’écran. La Lituanie passée à la moulinette, ce sont les Bleus qui tremblent. Hors sujet contre des Américains de toute façon trop forts pour eux, Tony Parker et les siens doivent redresser la tête ce mardi soir (21h) à Londres face à la sélection de Manu Ginolibi, l’autre cadre des Spurs présent aux JO.

« C’est une équipe qui va à nouveau nous proposer des joueurs hors normes, au moins sur les aspects offensifs », craint Vincent Collet, le sélectionneur de l’équipe de France. Moins puissants que LeBron James & co et même que les Bleus, les Argentins ont d’autres atouts. Ils passent (21 contre la Lituanie), sont adroits (40,7% à 3 pts contre la Lituanie). Et comptent dans leurs rangs quelques petits génies créateurs, dont bien sûr « El Manu » (21 points, 6 passes, 10 rebonds contre la Lituanie). L’ancien joueur du Kinder Bologne s’est même permis le luxe de « pourrir » le taux de réussite à longue distance de son équipe (1/7 à 3 pts) alors que Carlos Delfino (20 points à 6/9 à 3 pts) et Pablo Prigioni (9 points à 3/4 à 3 pts) étaient irréprochables.

« Il faut qu’on soit prêt au combat »

Ces deux-là, estampillés NBA (Delfino est en fin de contrat avec les Bucks, Prigioni vient de signer aux Knicks), seront deux belles menaces extérieures pour les Bleus. Et dans la raquette, c’est Luis Scola (32 points contre la Lituanie), l’intérieur des Rockets, qui risque de faire souffrir Boris Diaw, Ronny Turiaf, Ali Traoré, Kévin Séraphin et Florent Pietrus. « Ginobili et Scola vont être deux joueurs que nous allons devoir essayer de limiter, parce que ce type de joueurs, vous ne les stoppez pas, explique, inquiet, Vincent Collet. Dans le jeu intérieur, on va être beaucoup plus impactés que contre les Américains. » L’Argentine, invaincue contre la France aux JO ou en Championnat du monde, c’est aussi la promesse de quelques roublardises.

Car ils sont encore cinq champions olympiques 2004 à être présents (Ginobili, Delfino, Nocioni, Scola, L.Gutierrez). « C’est une équipe qui a beaucoup d’expérience, qui joue dur, souligne l’entraineur des Bleus. Il faut qu’on soit prêt pour ça. C’est un basket à la rugosité plus importante que le basket européen. Il faut qu’on soit prêt au combat. » Le point positif, c’est que les Bleus, s’ils sont en meilleure forme générale que dimanche, pourront trouver du jeu rapide. « Il n’y a pas non plus la même étoffe athlétique que les Etats-Unis et on va retrouver des espaces », note Vincent Collet. « C’est un gros match pour nous », conclut avec justesse Nicolas Batum. Il s’agira de démarrer les JO pour de vrai. Sous peine de devoir se battre ensuite avec la Lituanie (jeudi, 10h) pour éviter un quart de finale contre l’Espagne.

LP avec F.Gi.