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L’olympisme français à bout de souffle

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Après les tentatives de Paris 2008 et 2012, la France a de nouveau échoué dans sa quête de Jeux Olympiques avec le camouflet subi par la candidature d’Annecy à l’organisation des JO d’hiver 2018. Pour espérer l’emporter à l’avenir, il faudra (enfin) l’union sacrée autour du dossier tricolore.

Les braises de l’humiliation Annecy 2018 à peine étouffées, la France pense déjà à… Paris 2024 ! Mardi prochain, le comité olympique tricolore se réunira pour définir son plan de bataille pour les échéances à venir. L’horizon 2020 étant soumis au dépôt d’une candidature à rendre au plus tard le 1er septembre, l’institution lorgne désormais l’organisation des JO d’été 2024, à laquelle Paris pourrait se porter candidate. Si le principe d’alternance et d’expansion voulu par le CIO explique en grande partie la victoire écrasante de Pyeongchang (63 voix pour les Sud-Coréens, contre 25 à Munich et 7 à Annecy), la gifle reçue par le projet haut-savoyard trouve ses fondements dans l’absence d’une union sacrée, notamment politique autour d’Annecy 2018. Un mal typiquement français.
« Quelque chose ne va pas. Il n’y a jamais eu de volonté nationale vraiment affirmée, analyse Jean-Luc Rougé, président de la fédération française de judo. On a toujours été obligé d’essayer de tirer des gens avec nous. Pour l’emporter au plus haut niveau, il faut qu’il y ait la volonté conjointe d’une ville, d’un pays et du mouvement sportif, unanimes et forts tous ensembles. » L’image d’un François Fillon, débarqué en dernière minute et auteur d’une intervention remarquée lors de l’ultime présentation d’Annecy 2018, mercredi matin, sonne comme le symbole d’un soutien de poids arrivé trop tardivement.

Un espoir nommé Douillet

Largement représentée dans les plus hautes instances du sport international, la France pêche par manque d’engagement politique, dénué des traditionnelles querelles d’étiquette. En ce sens, Rougé juge très positive l’arrivée d’un ancien champion olympique dans les rangs du gouvernement. « Il y a de la politique tout court dans la politique sportive, note Rougé. Le fait d’avoir un sportif ministre comme David Douillet (secrétaire d’état chargé des Français de l’étranger, Ndlr) peut nous aider. »
Le rassemblement comme condition indispensable de la reconquête, un principe également défendu par le patron sacrifié d’Annecy 2018, Edgard Grospiron. « On manque d’un vrai socle, regrette l’ancien champion olympique de ski de bosses. Avant de penser à une nouvelle candidature, il faut reconstruire ce socle. La France a rayonné pendant un siècle sur la scène olympique, ce serait dommage que ça s’arrête. » Certes, de l’avis de tous, l’émotion ne suffit plus pour obtenir l’organisation de l’une des deux plus importantes manifestations sportives au monde. Mais la patrie du baron Pierre de Coubertin veut croire qu’elle a toujours un rôle à jouer. Avant de l’emporter mercredi, Pyeongchang avait échoué par deux fois, face à Vancouver (2010) puis Sotchi (2014). Un signe pour Paris 2024, resté à quai en 2008 et 2012 ?