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L'or olympique peut-il échapper à Muffat ?

Camille Muffat

Camille Muffat - -

Deux mois après avoir battu le record de France du 200 m de Laure Manaudou, Camille Muffat a raccourci sa propre marque nationale (1’54’’66). Avec un tel chrono, le titre olympique semble plus que jamais « réservé » à la Niçoise.

Il y a des performances qui en imposent. Celle de la Niçoise lors du meeting du Canet fait partie de celles qui parlent d’elles-mêmes. « C’est la première meilleure performance mondiale de l’année (pour une Française, ndlr), souligne Christian Donzé, le Directeur technique national. C’est aussi un record de France et un record du monde officieux (les autres ont été établis en combinaison) qui la place en position de favorite avant même les sélections américaines qui auront lieu fin juin.»

Le plus épatant dans l’histoire, c’est que Camille avait entamé il y a quelques semaines et avec son coach Fabrice Pellerin une préparation très lourde. Sophie Kamoun, très proche de Muffat, nous confie sa surprise : « Elle le disait elle-même, elle était complétement rincée avant la course. Elle nage 3 secondes plus vite que ce qu’elle croyait faire ! C’est énorme ! »

Le déclic : une prise de conscience et surtout de confiance de la Niçoise. Christine « Kiki » Caron, vice-championne olympique 1964, y trouve là une explication : « C’est une fille qui a repris confiance depuis un an et demi. En plus d’avoir des capacités superbes, elle a pris confiance en elle et est capable de tout. Il y a trois ans, aux Championnats du monde, ça avait été très compliqué pour elle (8e du 200m 4 nages). Sans que ce soit une revanche, cette performance est une belle mise au point. »

«On serait déçu qu'elle ne soit pas championne olympique »

Désormais, l’élève de Fabrice Pellerin va devoir gérer cette situation de favorite. Une position que relativise un peu l’un des anciens champion du sprint Français, Michel Rousseau : « Si on prend les chiffres bruts, la façon de nager et l’état de forme qui n’est pas encore optimal, on peut dire qu’elle est ultra favorite. Ceci étant dit, il y a une jeune fille qui s’appelle Smith (Américaine, 1’55’’04 cette saison), une autre qui s’appelle Franklin (Américaine aussi, 1’57’’86)… Elle va avoir de gros adversaires. Donc elle est favorite, mais il faut se garder d’être déjà victorieux et de penser que la médaille d’or est acquise. »

Réaliste mais optimiste, Sophie Kamoun insiste : « Camille a une confiance en elle inébranlable. C’est certain, elle va plonger pour l’or olympique et rien d’autre. Aujourd’hui, on serait très déçu qu’elle ne soit pas championne olympique. » Une déception qui serait alors légitime pour celle qui s’impose aujourd’hui comme « la » grande dame de la natation tricolore. En attendant un statut plus important encore, le 31 juillet, à l’issue de la finale du 200 mètres…