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La France otage d’une nouvelle guerre froide

Le Français tentera de faire abstraction du contexte pour décrocher à Vancouver le seul titre qui manque à son palmarès : l'or olympique.

Le Français tentera de faire abstraction du contexte pour décrocher à Vancouver le seul titre qui manque à son palmarès : l'or olympique. - -

A Vancouver, patineurs américains et russes vont se livrer, comme d’habitude, une guerre de tous les instants sur la glace comme en coulisses. Avec les Français en victimes collatérales…

En patinage artistique, la guerre froide est toujours d’actualité entre Russes et Américains. Les patineurs des deux grandes nations, qui trustent près de la moitié des médailles depuis l’introduction de la discipline aux Jeux d’hiver de 1920, se livrent sur la glace une véritable bataille rangée. Les Russes se posent en défenseurs de la tradition. Alors que les Américains revendiquent l’esthétique et le show.

La géopolitique des patinoires déborde régulièrement l’arène des compétitions pour tenter d’influencer en coulisses les juges et leurs notations. Il y a quelques jours, un premier missile a été lancé par un juge international américain. Sa cible : le Russe Evgeni Plushenko et le Français Brian Joubert dans le rôle de la victime collatérale. Dans un mail adressé à une soixantaine de personnalités du monde du patinage, Joseph Inman, qui n’officiera pas à Vancouver, a repris les propos du Russe qui déplorait à mots couverts la générosité des juges envers les éléments artistiques du Français.

Embarras du Tsar Plushenko et de sa cour, tandis que les Français crient à la déstabilisation yankee face à l’entente franco-russe. « Pourquoi à ce moment de la saison ? interroge Didier Gailhaguet, le président de la Fédération française des sports de glace. Le lobbying nord-américain est en marche. »

Gailhaguet : « Le lobbying nord-américain est en marche. »

L’affaire s’est retrouvée mercredi à la Une du « Globe and Mail », l’un des principaux quotidiens nationaux canadiens. La polémique prend de l’ampleur et certains athlètes locaux n’hésitent pas à jeter de l’huile sur le feu. « A Turin (où il fut sacré champion olympique ndlr), Plushenko ne faisait que des ronds avec ses bras, en permanence. Ce n’est pas du patinage », a dégainé la patineuse Jamie Salé, championne olympique à Salt Lake City.

Si Moscou et New-York se regardent en chiens de faïence, la France joue plutôt la carte du voisin de l’Est. Traditionnellement, le patinage tricolore est un satellite de la Grande Russie. Le scandale de Salt Lake City en 2002 a montré jusqu’où pouvait aller cette complicité. Lors de ces Jeux, des écoutes téléphoniques ont révélé que les Russes avaient acheté le vote de la juge française, Marie-Reine Le Gougne, pour faire gagner le couple Berezhnaya/Sikharulidze devant les Canadiens Salé/Pelletier. Le CIO a finalement attribué deux médailles d’or, et suspendu trois ans la juge et le président de la FFSG Didier Gailhaguet.

A Vancouver, l’ancien champion de France (1974 et 1975) retrouvera les JO pour la première fois depuis le scandale. Avec une accréditation officielle et le sentiment que la hache de guerre est loin d’être enterrée…

La rédaction - L.C avec F.G, à Vancouver