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La France sait perdre des Jeux

Paris 2012, défaite par Londres au 4e tour par 4 petites voix de différence...

Paris 2012, défaite par Londres au 4e tour par 4 petites voix de différence... - -

Les tentatives pour organiser des Jeux olympiques dans les années 2000 n’ont pas été couronnées de succès. Lille non retenue pour les JO 2004, et Paris défaite pour ceux de 2008 et de 2012… Retour en arrière avant le vote pour les Jeux de 2018 ce mercredi, à Durban. Et une quatrième défaite d’affilée ?

Lille 2004
La candidate de la capitale du Nord de la France n’a même pas été retenue par le CIO, alors que le CNOSF l’avait préférée à Lyon en 1995 pour porter les couleurs de la France. Lille se consolera en étant désignée capitale européenne de la culture en 2004... Plus sérieusement, ce revers sonnera les glas des tentatives françaises d’envisager une candidature pour les Jeux d’été qui ne passe pas par Paris.

Paris 2008
La candidature française, emmenée par le patron des patrons Claude Bébéar, s’est fracassée sur le mur de la realpolitik olympique. Pékin, battue par Sydney pour l’édition des Jeux de l’an 2000, l’a emporté au second tour avec 56 voix, devant Toronto (22), Paris (18), et Istanbul (9). Les dossiers techniques de Paris et de Toronto sont jugés meilleurs, mais Juan-Antonio Samaranch, qui s’apprête à tirer sa révérence, entend exporter les JO en Asie. En 2009, l’ancien ministre chinois des Sports révèlera qu’un accord secret entre les leaders de l’Empire du milieu et Jacques Rogge a permis l’attribution des Jeux à Pékin en échange de l’élection du Belge à la présidence du CIO. Rogge a démenti, mais le malaise n’a jamais été complètement dissipé.

Paris 2012
Donnée favorite, la candidature française est battue sur le fil par Londres, le 6 juillet 2005. Il a fallu quatre tours pour accoucher d’un vainqueur, le dossier anglais l’emportant avec 54 voix contre 50 pour Paris. C’est le choc. Sûrs de leur fait en raison d’un dossier technique jugé supérieur, les dirigeants français ont négligé le lobbying de la dernière heure de Sebastian Coe et de son équipe. En creux, l’absence d’un leader sportif charismatique, le manque d’unité d’une équipe emmenée par Bertrand Delanoë, peu à l’aise en anglais, et le caractère convenu du film de Luc Besson, auront creusé la fosse des espoirs tricolores. Les conséquences de cet échec se font toujours sentir : le maire de Paris ne veut plus entendre parler d’une candidature parisienne.