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Lamour : « Le meilleur moment ? Le lendemain matin ! »

Jean-François Lamour

Jean-François Lamour - -

Après un premier titre à Los Angeles en 1984, Jean-François Lamour est à nouveau champion olympique de sabre à Séoul en 1988. Mais plutôt que le podium et la Marseillaise, c’est le réveil doré que l’ex-ministre des Sports a préféré.

La pression
« Voici comment on la gérait. Déjà, on fournissait un volume de travail énorme. Tout était bien programmé. Ça met en confiance. Il faut aussi gérer le stress. Je somatisais énormément. J’avais extrêmement mal au dos au point que j’avais du mal à marcher quatre-cinq jours avant la compétition. Mais on traitait cela avec l’entraîneur. Et je n’ai jamais connu le stress quelques minutes avant une compétition. » 

Séoul 1988, la consécration
« Quatre ans après les JO de Los Angeles, 1988 est une consécration, d’autant que je suis champion du monde un an auparavant. Je fais un doublé en quelque sorte. Mais s’il s’agit du moment le plus fort sur le plan sportif, au niveau de l’émotion, je retiens davantage les JO de 1992. A Barcelone, j’étais le porte-drapeau et on a obtenu une médaille de bronze en sabre par équipes. »

La finale contre Janusz Olech
« J’ai des souvenirs très précis. La salle de Séoul était très sombre. Avant de monter sur la piste, je cherche quelques regards d’amis éclairés dans la pénombre. Je les repère à la va-vite. Puis je vois le Polonais monter sur la piste. Il a les épaules rentrées et la tête basse. Je me dis que je vais redresser la tête, lui montrer que je suis droit et que je n’ai pas peur. C’est peut-être des bêtises mais on a changé de côté à 5-0 en ma faveur. Après j’ai géré et j’ai gagné 10-4.»

Après la 10e touche…
« Il y a des sentiments un peu bizarres. On a gagné. On se laisse un peu porter. Les amis de l’équipe de France vous lancent en l’air. C’est un peu la règle en escrime. Contrairement à la compétition, sur le podium, pendant la Marseillaise, on n’est plus maître. Ce n’est que du bonheur de se laisser porter. Mais le meilleur moment, c’est le lendemain matin. Après une nuit courte et un peu agitée, on est seul. On se réveille avec la médaille posée à côté de soi. On apprécie encore plus la perf’ et le résultat. L’objectif est atteint. »

Propos recueillis par Rodolphe Massé