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Lapasset : « Sebastian Coe serait prêt à venir »

Bernard Lapasset et Valérie Fourneyron

Bernard Lapasset et Valérie Fourneyron - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

EXCLU RMC SPORT. Bernard Lapasset, président du Comité français du sport international, fait le point sur l’avancée d’une candidature française pour les JO 2024 ou 2028. Et confie que le Britannique Sebastian Coe pourrait apporter son aide.

Bernard, est-ce difficile de faire comprendre aux Français que l'organisation des JO serait profitable ?

Oui, mais il faut relativiser. Aujourd’hui, on n’a pas le sentiment en France de ce qu’on peut faire avec les Jeux. On a toujours le sentiment de l’échec, d’un résultat négatif, d’un coût assez élevé, sans mesurer ce qu’il faut faire. Notre approche, c’est de rentrer dans la démarche de construction du projet, d’inscrire l’héritage, de savoir ce qu’on veut, de le faire savoir et de le faire vivre. Et amener progressivement les gens à comprendre ce qu’il se passe quand on a les Jeux Olympiques. Il faut faire vivre les JO, pas simplement pendant quinze jours, mais pendant l’ensemble de l’année : avant, pendant et après. C’est ça notre objectif : faire comme Londres a fait.

Sebastian Coe, président du comité organisateur de Londres 2012, pourrait-il porter la candidature française ?

Sebastian, on le connait tous. J’ai eu la chance de travailler un peu avec lui. C’est une très bonne démarche. Il m’a dit que les Anglais avaient besoin de continuer à faire vivre les JO 2012. Et quoi de mieux que de vivre une aventure avec Paris 2024 ou 2028 ? On verra ce qui se passe. Le nombre de Londoniens qui vont descendre sur Paris pour participer aux Jeux, vous ne pouvez pas vous imaginer ce que ça va être. Ces gens ont vu, ont participé et n’ont qu’une envie, c’est de recommencer ! Sebastian nous l’a expliqué.

Est-il prêt à venir ?

Bien sûr qu’il serait prêt à venir ! Il nous a d’ailleurs dit : « Si vous avez besoin de faire quelque chose avec moi, n’hésitez pas, je suis prêt à venir vous expliquer, comprendre, participer. Les Jeux, c’est tellement fort, tellement dimensionné à l’échelle d’une transformation de société, qu’on a besoin de le faire ensemble et que je suis prêt à vous aider. » C’est quelque chose d’important.

« Un peu un désamour avec le monde de l'olympisme »

Que pourrait-il apporter ?

C’est un homme qui a un leadership énorme, un charisme extraordinaire. Il a vraiment une personnalité forte, le don de convaincre, la connaissance de ce qu’il fait et de ce qu’il dit. Il a une très grande culture du sport, non seulement en tant qu’athlète mais aussi en tant qu’organisateur de l’évènement. C’est le meilleur porte-parole des JO qu’on peut avoir à proximité. Il peut donner de l’enrichissement dans la façon de faire adhérer une démarche autour d’un projet ou d’une vision. Il nous a dit : « Soyez raisonnables, soyez vrais dans votre proposition, clairs dans ce que vous souhaitez. » Ce sont des choses qui paraissent simples mais qui sont extrêmement difficiles à construire.

Le projet porte-t-il sur 2024 ou 2028 ?

On parle surtout de rentrer dans les JO. Je crois qu’on a besoin de retrouver la confiance du monde olympique. On a été très déçu. On s’est battu et on a perdu, donc il y a un peu un désamour avec le monde de l’olympisme. Il faut retrouver rapidement le chemin du bon sens. Il faut partir pour gagner, faire tout ce qu’on peut pour gagner, être extrêmement déterminé dans ce qu’on propose. Et surtout ne pas être arrogant. Convaincre, c’est compliqué. Il faut créer des alliances pour aborder ces « combats » contre des candidatures opposées avec des arguments plus forts et plus vrais. A nous de faire le travail et nous verrons si nous sommes capables de gagner. Il faut amener une culture de la candidature qui soit autre chose que ce qu’on a proposé jusqu’à présent. Ça prend du temps. On n’est pour l’instant pas candidat en 2024, on est sur une pré-candidature. Faisons le travail avec méthode, organisation et détermination.

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Propos recueillis par Camille Gelpi