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Le CIO veut criminaliser le dopage, Londres 2012 hésite

Les carabiniers italiens avaient saisi des produits et du matériel de transfusion dans les chambres d'hôtels des fondeurs et biathloniens autrichiens à San Sicario.

Les carabiniers italiens avaient saisi des produits et du matériel de transfusion dans les chambres d'hôtels des fondeurs et biathloniens autrichiens à San Sicario. - -

Le comité international olympique demande au pays organisateur d’inclure des dispositions pénales dans la future agence nationale antidopage britannique. Un message qui passe mal.

Le CIO n’a pas oublié les Jeux de Turin 2006 et les Carabiniers transalpins qui avaient pu perquisitionner les hôtels des fondeurs et biathloniens autrichiens à San Sicario, mettant la main sur des produits et du matériels de transfusion sanguine. A la différence de l’Italie, mais aussi de la France, de l’Allemagne, de la Suède et dernièrement de la Grèce, la Grande-Bretagne n’a pas la possibilité dans ses lois de poursuivre les trafiquants de substances interdites.

Londres, organisateur des Jeux en 2012 est pressé par le CIO d’adapter sa législation dans ce sens. A Lausanne, on souhaiterait que les Britanniques incluent cet arsenal juridique dans les textes de la future agence antidopage de Sa Majesté. « On ne leur demande pas de modifier leur code pénal, mais d’inclure dans les textes de leur agence une disposition qui permette à cette dernière d’ouvrir et de mener une enquête pour pouvoir démanteler les réseaux de produits dopants », explique Denis Oswald, président de la Commission de coordination des Jeux de Londres 2012, chargée de superviser au CIO la préparation du rendez-vous londonien. Londres pourrait s’inspirer de ce qui a été fait par Sydney en 2000.

Le CIO préfère cette option à celle d’un arsenal juridique classique, mettant en action une procédure pénale lourde impliquant différents ministères (Justice, Intérieur), ainsi que plusieurs forces d’intervention sur le terrain (gendarmerie, police, douanes), autant d’acteurs qui ont l’inconvénient d’alourdir la procédure. A Lausanne on redoute, à l’image du cas italien, que le pénal ne viennent bloquer le disciplinaire. « Une décision de justice peut prendre plusieurs années, le temps que le sportif ne soit plus en activité », prévient Denis Oswald.

Mais le message du CIO passe mal outre-Manche. La criminalisation du dopage a de nombreux détracteurs britanniques, au ministère des Sports, au comité olympique, ainsi qu’au comité d’organisation des Jeux. L’idée de mettre en prison des distributeurs de produits dopants est perçue comme liberticide dans un pays qui a la particularité de ne pas avoir de Constitution et de cartes d’identité pour ses citoyens…

Arne Lungqvist, président de la commission médicale du CIO, n’a pas caché qu’il commençait à perdre patience devant les atermoiements britanniques. « Le CIO juge indispensable la mise en place d’un dispositif juridique d’ici 2012 qui permette aux Britanniques de travailler dans les mêmes conditions que les Italiens en 2006. »

La Grande-Bretagne devrait se doter d’une agence antidopage en 2010.

Le CIO prévoit 5000 tests antidopage à Londres, soit 10% de plus qu’à Pékin en 2008.

Ecoutez Denis Oswald, patron de la commission de coordination du CIO pour les Jeux de Londres 2012.

La rédaction - Louis Chenaille