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Les Bleus vont voir des étoiles…

Tony Parker

Tony Parker - -

LeBron James, Kobe Bryant, Kevin Durant et la colonie de stars de la NBA qui constituent l’équipe américaine promettent une entrée en matière salée pour les Bleus aux Jeux Olympiques, ce dimanche (15h30). Attention à la gifle…

Des Bleus qui dansent, filment, profitent. C’était vendredi soir au stade olympique de Londres. « Incroyable », « incroyable », « incroyable ». C’est signé Nicolas Batum, Kévin Séraphin et Ronny Turiaf sur Twitter. « Indescriptible » pour Ali Traoré. L’équipe de France de basket a découvert les Jeux Olympiques, l’exceptionnelle cérémonie d’ouverture, 12 ans après la dernière présence de leur famille et la médaille d’argent ramenée de Sydney. « J’ai des larmes qui ont coulé, sans honte », confie même Nicolas Batum. Les JO, ils en rêvaient, s’étaient promis d’y aller. Ils y sont, et savourent. Mais dès ce dimanche (15h30), le retour à la réalité pourrait être douloureux.

Premier match, premières stars. LeBron James, Kevin Durant, Kobe Bryant, Carmelo Anthony, Chris Paul, Russell Westbrook… Ils ont eux aussi fêté les Jeux vendredi soir. Mais l’association de talents pour la bannière étoilée laisse penser qu’au moins quelques-uns d’entre eux sont restés sages et qu’ils sont largement hors de portée pour une équipe de France qui sort d’une préparation chaotique. « Il faut bien commencer, souffle Tony Parker, leader aux lunettes de protection en manque de repères et de rythme. C’est un match symbolique. C’est clair qu’on n’est pas aussi fort que l’année dernière (2e de l’Euro, ndlr) mais on va essayer de donner notre maximum. »

Diaw : « Sans pression »

Et surtout, de limiter les dégâts. Pour les Bleus, les matchs contre l’Argentine de Manu Ginobili, mardi, et la Lituanie de Linas Kleiza, jeudi, seront beaucoup plus importants dans le cadre de la qualification pour les quarts de finale, l’étape clé sur le chemin de la médaille tant souhaitée. « Ça nous permet d’engager ce match contre les USA sans pression, estime Boris Diaw, le capitaine. C’est une équipe mythique. Ce n’est peut-être pas plus mal de les affronter au premier match. » Ce « Team USA » n’est pas infaillible. A l’intérieur, Tyson Chandler, Kevin Love et le jeune Anthony Davis ne donnent pas toutes les garanties. Avec Joakim Noah, les Bleus auraient eu un joli point d’ancrage… Mais LeBron James, Kevin Durant ou Carmelo Anthony sont capables de compenser dans la raquette.

« On les croise rarement tous ensemble, sourit Boris Diaw. Là, c’est plus compliqué. » En cinq matchs de préparation, le « small ball » du coach Mike Krzyzewski a fonctionné. Cinq victoires et 26,6 points d’écart de moyenne. Ce n’est pas la « Dream Team » de 1992. C’est peut-être moins complet que la « Redeem Team » de 2008. Mais c’est une autre planète pour les Bleus, leurs problèmes de contrat et de blessures cet été. « Je pense qu’une équipe n’est jamais prête, essaye de rassurer Ronny Turiaf. C’est ce qui fait la force des grosses équipes, qui veulent toujours s’améliorer. Notre préparation a été très difficile. On ne s’en cache pas. Mais je pense que c’est dos au mur qu’on réagit le mieux. Là, on est dos au mur. » Ils n’ont rien à perdre ce dimanche. Simplement des souvenirs supplémentaires à se fabriquer.

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De 2000 à 2012, le désert olympique |||

Aux Jeux Olympiques et au Championnat du monde, les Bleus n’ont jamais battu les Etats-Unis. Mais la dernière confrontation officielle avait été le bout d’une belle aventure pour l’équipe de France. Aux JO de Sydney en 2000, Laurent Sciarra (19 points), Stéphane Risacher (15 points) et leurs coéquipiers avaient décroché une superbe médaille d’argent en se permettant le luxe d’accrocher les Américains en finale (75-85). A 4’26 de la fin, Kevin Garnett, Ray Allen, Vince Carter, auteur d’un dunk légendaire au-dessus de Frédéric Weis (2m17), et les leurs n’avaient que quatre petits points d’avance (72-76). Une dernière accélération leur offrait l’or. Douze années d’absence aux JO ont suivi pour le basket français (masculin et féminin). Les Bleus reprennent le fil de l’histoire face… aux Etats-Unis.

LP avec GQ