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Les Experts en or : historique !

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Les handballeurs français ont décroché l’or olympique en s’imposant sans trembler (28-23) face à l’Islande en finale.

Ils l'ont fait ! Les Bleus d'Onesta ont remporté le seul titre mondial qui leur manquait à Pékin et confortent leur place de sport collectif français le plus titré. En patrons, ils sont allés chercher cette médaille d'or grâce à Thierry Omeyer au sommet de son art dans les buts et un Nikola Karabatic en feu en attaque (8 buts). L'Islande, malgré le fort potentiel démontré durant tout le tournoi, a vite plongé face à la force collective française. L'écart était déjà de 5 points (15-10) à la mi-temps et c'est sur un score final de 28 à 23 en faveur des Bleus que cette finale s'est achevée.

Après les Bronzés de 1992, qui ont décroché le bronze olympique à Barcelone, les Barjots et les Costauds, qui sont devenus champions du monde en 1995 et 2001, les Experts viennent apporter leur pierre à l'édifice en décrochant une magnifique médaille d'or à Pékin. C'est la septième médaille d'or française de cette olympiade chinoise, la 40ème au total.

« C'était beau »

Christophe Kempé, joueur de l'équipe de France championne olympique, pouvait laisser exploser sa joie : « Fabuleux, une finale fabuleuse et un public fabuleux ! J'espère que les Français vont enfin découvrir le handball et que les services publics, la télé, vont passer un peu plus souvent du hand, quand on voit ce qu'on peut créer comme émotion pour les gens. Voilà, on est encore un petit sport mais on a envie de devenir très grands et ce soir on est très très grand ! »

Nikola Karabatic, meilleur buteur de la finale, raconte à quoi il a pensé pendant la Marseillaise : « J'essaye de réaliser, j'essaye de fermer les yeux pour réaliser, j'essaye de ne pas entendre mes potes à côté qui chantent, moi ça me fait rire. J'essaye de réaliser qu'on est champions olympiques, qu'on a la médaille au coup, que c'est fini, que tout le travail qu'on a fait auparavant a payé. J'essaye de réaliser mais je n'y arrive pas encore, il me faudra peut-être un petit moment ».

Jérôme Fernandez, blessé, a vu la finale depuis les tribunes : « A aucun moment ils ne m'ont fait douter dans les tribunes. Je les en remercie, ça a été plus facile à vivre. Aujourd'hui ils ont été me chercher une médaille d'or qui me ravit, pour eux c'est génial et pour tout notre sport. C'est vrai que les matchs qu'on a envie de jouer c'est les derniers, c'est les demies, la finale, j'ai déjà connu champion du monde et champion d'Europe en jouant, là champion olympique en regardant, je savoure aussi. On était venu pour être champions olympiques à 15, on repart champions olympiques à 15 ».

Valérie Nicolas, gardienne de l'équipe de France de handball qui a terminée 5e de ces JO, a bien sûr suivi l'exploit des garçons : « C'est un truc de malade, c'est énorme ce qu'ils ont fait ! Ils ont maîtrisé de bout en bout, ils ont été bien, tout le monde a été vraiment fantastique. Forcément je vais parler un peu pour les gardiens : Titi (Thierry Omeyer, ndlr) a été olympique, il a été bien et à la fin il s'est fait plaisir, il a fait un peu le show. Il y avait un kop français et c'était magique. On vibrait avec eux sur les arrêts ou sur les buts des Français et par la suite ils maîtrisaient donc ça nous paraissait impossible que la médaille d'or nous échappe. C'était sympa de voir le kop vibrer, supporter les Français comme ça c'était beau ».

A Loriol, près de Valence, c'est la patrie des frères Gille, Guillaume et Bertrand, 300 personnes étaient agglutinées dans la salle des fêtes à l'appel du club formateur des deux frères. Leur père, Jean-Claude a ressenti « une grande fierté, mais une fierté aussi pour le club de Loriol qui a su les mener là où ils sont. Pour eux, c'est très bien. On peut dire qu'ils ont bouclé leur cycle de handball en étant champions du monde, champions d'Europe et maintenant médaillés olympiques. J'essaye de prendre du recul pour éviter d'avoir des problèmes cardiaques ». Julien, joueur au club de hand de Loriol, a joué avec les frères Gille : « C'est énorme, c'est le seul titre qui leur manquait. Il n'y a rien à dire. Je ne pensais pas qu'il y aurait autant de monde un dimanche matin pour regarder un match de hand. Tout le monde est là, c'est magnifique. Les frères Gille, on les voit réaliser ça alors qu'on les connaît depuis tout gamin, c'est fantastique ».

Daniel Costantini revient sur la performance exceptionnelle de Thierry Omeyer, le gardien français, face à l’Islande. L’ancien cornac des Barjots et des Costauds espèrent que ce succès va donner plus de place au handball : « J’avançais depuis longtemps que la problématique du match serait la confrontation entre l’attaque islandaise et la défense française. J’aurais du dire entre l’attaque islandaise et le gardien de but français. Chaque fois qu’ils ont trouvé une solution Thierry Omeyer les a écœurés. Quand je vois Sigurdsson, peut-être le meilleur ailier gauche au monde, redevenir un joueur ordinaire. C’était Omeyer contre l’Islande. Sans faire injure à tous ses camarades qui ont fait la partie qu’il fallait. On a tiré les leçons du passé et on va profiter de cette trouée, c’est vraiment une apothéose. Je ne rêve pas non plus. Je sais que dans 15 jours quelques sports majeurs vont retrouver leur place. Le soufflet va redescendre et il faut qu’il ne redescende pas aussi bas que la fois précédente. Qu’on parte d’un peu plus haut pour qu’on essaye d’avancer tant au plan de l’équipe nationale qu’au niveau des clubs. »