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Les principales chances françaises aux Jeux paralympiques de PyeongChang 2018

Marie BOCHET

Marie BOCHET - CPSF 2018 Grégory Picout

Après la moisson de 15 médailles aux JO d’hiver il y a deux semaines, l’équipe de France paralympique entre en piste demain, pour tenter de faire mieux qu’en 2014 à Sotchi, avec 12 médailles au compteur. Guidée par sa porte-drapeau et quadruple championne olympique en titre, Marie Bochet, le défi est à sa portée.

12 médailles et 5e du classement des nations. C’était le bilan de l’équipe de France paralympique lors des derniers Jeux paralympiques d’hiver de Sotchi en 2014. Avec 5 médailles d’or, 3 en argent, et 4 en bronze, la France avait terminé derrière la Russie, L’Allemagne, le Canada et l’Ukraine. Mais devant les Etats-Unis (8e), et la Grande-Bretagne (10e). L’objectif sera donc de faire au moins aussi bien, d’autant plus que la Russie, tout comme pour les JO 2018, sera interdite de participation. Seuls 30 athlètes ont été autorisés à concourir sous bannière olympique neutre par le comité international paralympique (IPC).

Bochet pour montrer la voie

Il y a quatre ans, Marie Bochet avait été la grande pourvoyeuse de médailles. Avec 4 titres dans les épreuves de vitesse de ski alpin, elle avait fait mieux que Martin Fourcade en biathlon cette année. La porte-drapeau de la délégation française sera encore la plus grande chance de médaille tricolore. Elle remettra en jeu ses titres en slalom géant, super géant, super combiné et descente et tentera d’aller chercher le seul titre qui manque à son palmarès, à savoir le slalom. Son programme chargé débutera par l’épreuve de descente dès samedi (1h30 heure française). A ses côtés, d’autres français peuvent espérer briller.

L’autre Bauchet, le snow et… le biathlon

La délégation française compte 15 représentants : 12 athlètes et 3 guides. Ils seront en lice dans 4 des 6 disciplines au programme de ces 12e Jeux Paralympiques : ski alpin, snowboard, ski de fond et biathlon. En revanche, la France sera absente des tournois de hockey et curling.

L’autre grand espoir de médaille n’est autre qu’Arthur Bauchet, spécialiste des épreuves alpines. Agé de seulement 17 ans, le cadet des Français, qui souffre d’une paraparésie spastique, découvrira sa première compétition olympique. Champion du monde en géant et en slalom debout l’année dernière, il a également multiplié les podiums en coupe du monde cette saison, à Kranjsa Gora 3e et à Zagreb-Sljeme (2e).

Du plus jeune au plus ancien. Frédéric François, 41 ans, fera également partie des médaillables. Vainqueur du globe de cristal (classement général de coupe du monde) de slalom assis, il tentera d’aller chercher sa première médaille, après échoué à la cinquième place en super G et en géant à Sotchi. Il sera accompagné de Yohann Taberlet. Le natif de Thonon-les-bains a connu le premier podium de sa carrière cette saison en géant. Il voudra rééditer pareille performance, après être resté au pied de celui de Sotchi il y a quatre ans.

En snowboard, Cécile Hernandez et Maxime Montagionni font également figures de médaillés potentiels. La snowboardeuse du ski club des Angles avait goûté à l’argent en snowboard cross debout aux JO 2014, elle voudra surement changer de métal en Corée. Quant au Marseillais aux deux globes de cristal en 2018 (cross + slalom), la fraîcheur de ses premiers Jeux pourrait l’emmener au sommet. Celui qui avait été médaillé de bronze au Mondiaux de taekwondo 2013 fait partie des favoris dans ses deux disciplines (snowboardcross et banked slalom).

Quant aux biathlètes, ils auront fort à faire pour faire mieux que les 5 médailles récoltées par leurs collègues valides (3 individuels, 2 en relais). Anthony Chalençon, qui avait participé aux JO d’hiver de Vancouver en 2010 en ski alpin, devrait être la principale chance de médaille. Déficient visuel, il avait terminé champion du monde en relais open (4x2.5 km) à Finsterau en 2017. Benjamin Daviet, deuxième au classement final de la coupe du monde de biathlon cette année, peut légitimement prétendre à la victoire. Egalement engagé en ski de fond, il visera l’or en biathlon et sur le 20km en skating. Quant à Thomas Clarion, médaillé de bronze à Sotchi en 10km libre et en relais avec Daviet, il devrait se concentrer sur les épreuves de fond pour monter d’une voire deux marches à Pyeongchang.

Les trois autres engagés français sont Jordan Broisin en ski alpin, Julien Roulet en snowboard, et le jeune Thomas Dubois en biathlon.

La France, qui n’a jamais manqué un rendez-vous paralympique d’hiver depuis les Jeux d’Ornskoldsvik en 1976, compte 151 médailles en 11 olympiades. Elle avait établi son record à Lillehammer en 1994 avec 31 médailles, mais le nombre d’épreuves a diminué depuis. Le nouveau programme mis en place depuis les Jeux de Salt Lake City en 2002 avait coïncidé avec son record actuel : 19 médailles, dont 2 en or, 11 en argent, et 6 en bronze. A PyeongChang, les Jeux continuent et tous les espoirs sont permis pour les Bleus Paralympiques. 

G. Monnot