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Les « tweetos » sous liberté surveillée

Amaury Leveaux

Amaury Leveaux - -

Londres 2012 restera comme les premiers Jeux de l’ère des réseaux sociaux. Au CIO, on a édicté certaines règles de bonne conduite pour les athlètes, tout en leur permettant de rencontrer les fans. Dans un cadre bien déterminé.

Amaury Leveaux et tous les fondus du « gazouillage » sur Tweeter ou de la photo postée sur Facebook n’ont qu’à bien se tenir. Le CIO n’entend pas voir l’anarchie fleurir sur internet pendant la quinzaine olympique, d’autant que les JO de Londres seront les premiers Jeux de l’ère des réseaux sociaux. Au village olympique, le nageur parisien et tous les adeptes du « following » devront respecter certaines consignes transmises aux quelque deux cents comités olympiques nationaux. « On demande aux athlètes de parler essentiellement d’eux-mêmes et s’ils veulent poster une photo de quelqu’un d’autre, on les invite à demander d’abord l’autorisation, explique Alex Huot, un Canadien en charge du développement des réseaux sociaux au CIO. Il y a assez de journalistes ! »

Pas certain que les 10 000 pensionnaires du village olympique respectent scrupuleusement la règle, mais bon… Le CIO se montre, comme à son habitude, très chatouilleux quand il s’agit des sponsors et de la protection de leurs intérêts. Marques de sodas et de restauration rapide ne doivent pas faire ombrage aux partenaires premium du CIO. « On applique la même politique qu’avant l’avènement des réseaux sociaux. Du moment où l’athlète entre dans le village, on veut que ce soit une ‘‘clean venue’’ », justifie Huot. Et si les athlètes n’obtempèrent pas ? Sanctions ? Dans les textes, c’est prévu. Mais au CIO, on admet qu’il est impensable d’avoir un monitoring de chaque compte Tweeter et Facebook.

Un « hub » pour canaliser les réseaux sociaux

« On est deux, au CIO… », admet, lucide, notre Canadien. Intelligemment, le CIO a contourné le problème en mutualisant les deux célèbres plates-formes dans un « hub (carrefour) » qui permet aux athlètes et à leurs fans de communiquer. Le CIO alimente même le trafic en créant avec l’accord des sportifs des évènements (discussions, mises en ligne de photos des athlètes au village, conseils pratiques, etc). Les athlètes gagnent des followers, les fans trouvent leur bonheur et le CIO est rassuré. « L’erreur serait d’être absent des médias sociaux », conclut Huot. Le message est de toute façon bien passé auprès des comités olympiques nationaux. Le CNOSF a mis en garde ses 333 qualifiés pour Londres. Un passage sur les réseaux sociaux a été ajouté dans le guide de l’athlète. « On fait très attention à ce qu’il n’y ait pas de dérapage », explique Soria Zidelkhile, attachée de presse du CNOSF. Les « twittos » sont décidemment très observés.

Louis Chenaille et Julien Richard à Londres