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Lewis : « L’Histoire fera la légende de Bolt »

Carl Lewis

Carl Lewis - -

Véritable mythe vivant, Carl Lewis est actuellement présent à Londres. En marge d’un forum donné par Doha Goals dont il est l’un des ambassadeurs, le décuple médaillé olympique et double champion olympique du 100 (1984 et 1988) a estimé que Bolt n’est pas encore l’égal d’un Owens ou Ali.

Carl, comment vivez-vous ces Jeux de Londres ?

Je suis d’abord un supporter des Etats-Unis. Et je pense que cette année, on a beaucoup de chances de remporter des médailles. On peut dominer en sprint mais aussi sur d’autres distances. Les Etats-Unis peuvent vraiment frapper très fort lors de ces JO.

On dit de vous que vous suivez avez peu l’athlétisme. Est-ce vrai ?

Oui, ça l’est. Je ne suis pas à fond. Je suis un fan, mais je ne regarde pas tout le temps ce qui se passe. En plus, aux Etats-Unis, l’athlétisme ne passe pas beaucoup à la télévision. Puis, il faut dire aussi je suis un homme plutôt occupé.

Pensez-vous qu’Usain Bolt puisse être battu ici à Londres ?

Vraiment, je ne veux pas rentrer dans ce jeu-là parce que je sais que quoique je puisse dire, mes propos vont être repris et interprétés. Je suis un retraité et ce qui est bien avec ça, c’est que je n’ai pas à me prononcer sur un tel sujet. L’avenir ne m’appartient plus, il appartient aux sprinteurs comme Usain Bolt, Tyson Gay, Yohan Blake. Donc je vais les laisser se débrouiller. Sans moi.

Dans chacune de ses interviewes, Usain Bolt répète qu’il veut devenir une légende. Va-t-il réussir son défi ?

Attendez, qui est une légende ? Pour moi, Mohamed Ali en est une. Pourtant, Ali n’a remporté qu’une seule médaille d’or (1960 à Rome, ndlr). Jesse Owens lui aussi est une légende car il a changé le sens de l’Histoire en remportant quatre médailles d’or lors des Jeux de Berlin (1936). Et 76 ans après, son nom veut toujours dire encore quelque chose. Tout ça pour dire que c’est l’Histoire qui fait la légende, pas nous.

Un dernier mot : comment expliquez-vous ces sièges vides lors de certaines compétitions ?

C’est ce qui se passe à chaque fois aux Jeux Olympiques. J’ai été présent à huit éditions des Jeux Olympiques et à chaque fois, c’est pareil. En fait, c’est ce qui se passe si vous donnez des billets aux sponsors ou aux fédérations, et que ces gens-là ne peuvent pas venir ou assistent à une autre épreuve. Mais ce n’est la première fois que ça arrive.

Propos recueillis par Florian Fieschi, à Londres