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Londres, à cran pour les Jeux

Le porte-avions Ocean de la Royal Navy va stationner dans la Tamise pendant les Jeux

Le porte-avions Ocean de la Royal Navy va stationner dans la Tamise pendant les Jeux - -

Ces derniers mois, le coût des Jeux Olympiques en matière de sécurité a grimpé en flèche. L’addition s’élève à plus d’un milliard d’euros, le double des prévisions. Le contexte international a pesé, et le tunnel sous la Manche s'apparente à un vrai casse-tête.

Lundi, pour les 200 jours avant le coup d’envoi des Jeux, la police britannique a introduit un faux colis piégé dans le parc olympique de Londres qui accueillera des visiteurs du monde entier. A l’approche de ses Jeux, l’Angleterre s’arme jusqu’aux dents pour assurer la sécurité de la grand-messe planétaire. En décembre, les autorités ont annoncé qu’elles allaient doubler l’effort en matière de sécurité. Le budget, initialement prévu à 650 M€, est passé à 1,2 Md€. « On est face à un des événements majeurs organisés sur notre sol depuis la seconde guerre mondiale, explique le ministre de la Défense Philip Hammond. Les récents événements comme le Printemps arabe sont un facteur d’incertitudes. Il a fallu nous adapter. » Les effectifs ont presque triplé, passant de 10 000 à 27 000 personnes, composés pour moitié de services de sécurité privés. Les Anglais n’oublient pas que le 7 juillet 2005, au lendemain de l’attribution des Jeux 2012 à Londres, une attaque terroriste dans le métro londonien a fait 52 morts.

Les responsables britanniques doivent sécuriser 100 sites qui vont accueillir 10 500 athlètes, 205 délégations, et 300 000 touristes attendus. L’armée a mis les bouchées doubles. Le porte-avions Ocean de la marine britannique mouillera dans la Tamise, avec à son bord des hélicoptères d’assaut, et des Marines, revenus tout droit de Libye, qui ratisseront les berges. Des jets Typhoon de la RAF survoleront le Grand Londres. D’autres navires de guerre, hérissés d’hélicos Puma, Apache et Lynx seront stationnés non loin de la capitale… On se souvient qu’en 2004, les avions de l’OTAN avaient patrouillé au-dessus d’Athènes. Mais le grand casse-tête des autorités porte un nom : le tunnel sous la Manche. Un véritable cordon ombilical rattachant les îles Britanniques au continent : 10 000 000 passagers transportés par l’Eurostar (2010), une rame toutes les trois minutes qui s’engage dans le tunnel... Le tout dans une mer, La Manche, qui concentre 20% du trafic mondial.

Les athlètes tricolores protégés de près

Le Royaume-Uni et la France vont intensifier leur collaboration en matière d'anti-terrorisme, de crime organisé et d'immigration clandestine. La France devrait donc « intensifier le plan Vigipirate, notamment aux abords de l'entrée du tunnel à Coquelles (Pas-de-Calais), un point sensible européen », explique le préfet Philippe de Lagune, coordonnateur, côté français, pour la sécurité des Jeux. Il s'agira également d'anticiper des gestions de crise, « comme un attentat, un mouvement social, la canicule, un accident, l'irruption d'un volcan islandais qui paralyserait le trafic aérien, une épidémie... » Les services français veillent aussi à la sécurité de l’équipe de France olympique (entre 300 et 350 athlètes). A Athènes, une douzaine d’hommes du RAID avaient accompagné la délégation tricolore. 

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Sécurité : Une facture salée|||

En matière de sécurité aux Jeux Olympiques, il y a l’avant et l’après 11 Septembre 2001. A Sydney en 2000, le budget était de 170 M€. A Athènes en 2004, premiers Jeux d’été après les attentats des tours du World Trade Center, la facture s’élèvera à plus d’un milliard d’euros. La Grèce redoute les attaques terroristes de l’extrême-gauche, alors que les Balkans et le Moyen-Orient se présentent comme des poudrières potentielles. De retour en Europe après l’intermède chinois (240 M€ pour Pékin 2008), les JO de Londres promettent de figurer sur le podium des éditions les plus coûteuses avec un coût estimé à 1,2 milliard d’euros.