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Londres victime du marché noir ?

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Un mois après la BBC, le Sunday Times affirme que la vente des billets pour les JO de Londres fait l’objet d’un business illégal. Le CIO ouvre l’enquête, mais il sera difficile de faire la lumière avant le début de la quinzaine olympique.

Les médias anglais ont encore écorné l’image de l’olympisme. A moins de 40 jours du coup d’envoi des Jeux Olympiques à Londres, le Sunday Times a fait sa Une dimanche en affirmant que des « huiles » du CIO faisaient leur beurre en revendant des billets à des prix pouvant aller jusqu’à 10 fois leur valeur faciale… Un sésame pour la finale du 100m atteindrait près de 6 500 euros ! Des représentants de comités olympiques nationaux, comme le Grec Spyros Capralos ouvertement mis en cause, mais aussi des agences de billetterie, soit au total 27 personnes appartenant à 54 pays comme la Serbie ou la Chine, auraient participé au trafic. Ce marché noir concernerait des billets faisant partie du lot de 1,1 million de tickets sur les 8,8 millions en vente mis à la disposition des CNO.

Après plusieurs semaines d’enquête, le Sunday Times affirme ainsi que le président des JO de Londres, Sebastian Coe, aurait été invité par le comité olympique grec à faire « tourner la planche à billets » pour satisfaire le marché grec. Le comité d’organisation londonien (LOCOG) a répondu avoir simplement reçu une lettre (de M. Capralos), ainsi que d’autres présidents de comités nationaux, pour recevoir plus de billets. Le comité olympique grec (HOC) a également publié un démenti. « Le journaliste s’est fait passer pour un agent de billetterie, la discussion a porté sur les Jeux d’hiver de Sotchi et l’article est une compilation de fragments de conversation », déplore le HOC.

Des sanctions qui peuvent aller du blâme à l’exclusion

Cette affaire intervient moins d’un mois après la démission de Volodymyr Gerashchenko, secrétaire général du comité olympique ukrainien, pris en flagrant délit de négociation de revente de billets sur le sol britannique par un journaliste de la chaine publique BBC qui s’était fait passer pour un intermédiaire. Devant les nouvelles accusations portées par le Sunday Times, le CIO a promptement réagi. Dès vendredi soir, alerté par la publication à venir de l’article, son président, Jacques Rogge, a réuni en urgence la commission exécutive.

Une enquête a été confiée à la commission d’éthique, présidée par Pâquerette Girard Zappelli qui fera ses recommandations à la commission exécutive. Interrogé par RMC Sport, un haut responsable du CIO, apporte quelques précisions. « Il n’y a pas calendrier, mais le président aimerait que ce puisse être résolu avant les Jeux, explique Denis Oswald, président de la commission de suivi de l’organisation des Jeux de Londres. On va renforcer la commission d’éthique parce qu’il y a beaucoup de personnes mises en cause. En fonction des infractions, les sanctions peuvent aller du blâme à l’expulsion pure et simple. » La commission exécutive se réunira dans la semaine précédant les JO, mais on voit mal le CIO réussir à trancher dans les temps.

Louis Chenaille