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Mekhissi : « Un jour, je battrai les Kényans »

Mahiedine Mekhissi

Mahiedine Mekhissi - -

Au lendemain de sa finale olympique du 3000m steeple et après une courte nuit, Mahiédine Mekhissi a reçu sa médaille d’argent lors du podium protocolaire. Toujours sur son nuage, le Français se projette déjà dans l’avenir.

Mahiedine, comment s’est passé l’après-course ?

La nuit n’a pas été très longue, je me suis couché vers 6h du matin, levé à 10h. J’ai dormi trois ou quatre heures mais c’est normal. Dans des moments comme ça, on a du mal à dormir. On repense à la course, on repense à plein de choses.

L’or était-il à votre portée ?

Par rapport à la course, je n’ai pas de regrets parce que j’ai tout donné, c’est le meilleur qui a gagné et je tiens à tirer mon chapeau à Kemboi qui a été très fort. J’ai une nouvelle fois entendu l’hymne du Kenya mais j’espère qu’un jour, ils entendront la Marseillaise !

Que vous a-t-il manqué pour décrocher le titre suprême ?

Il m’a manqué quelques mètres. J’espère que ça passera en 2016. J’aurai 31 ans je ne serai pas si vieux que ça. J’espère qu’un jour, je finirai par les battre. Il y a toujours un ou deux Kenyans qui arrivent à me barrer la route. Hier c’était Kemboi, il y a quatre ans c’était Kipruto. Mais ce n’est que partie remise parce que je ne baisse pas les bras. Je sais qu’un jour, à force de persévérer, je les battrai.

Que vous êtes-vous dit avec Kemboi, à l’issue de la course et après vous être serrés dans les bras ?

Il me dit que je suis un Kenyan blanc, et je lui dis que je ne suis pas un Kenyan blanc, je suis Français. Mais ça fait plaisir, on ne dit pas ça à tout le monde. C’est une grande marque de respect et en tout cas, c’est touchant venant de sa part. Kemboi, c’est la référence du 3000m steeple. Vous verrez plus tard qu’il aura marqué cette discipline. Hier, j’ai perdu contre un très grand. Et c’est une fierté de partager ce podium avec lui.

Pourquoi avoir « refusé » le diminutif donné par Kemboi, c’est tout de même flatteur, non ?

J’ai beaucoup de respect pour eux mais je n’ai pas envie de leur ressembler parce que j’ai ma personnalité, je suis Français, je ne suis pas Kenyan. Je m’inspire d’eux parce que ce sont les meilleurs coureurs de la planète, c’est pour ça que j’ai beaucoup de respect pour eux et si je m’entraine très dur, c’est pour le battre.

Propos recueillis par Julien Richard à Londres