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Mesnil, une der olympique pour le plaisir

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Au crépuscule de sa carrière, le Français Romain Mesnil entre ce mercredi en piste pour les qualifications de la perche (11h). Débarrassé d’un statut de favori qui a pu le paralyser par le passé, il désire associer plaisir et performance.

En rejoignant le Stade Bordelais en 2010, Romain Mesnil s’était fixé deux objectifs : franchir la barre des six mètres et décrocher une médaille d’or dans une compétition internationale. Le vice-champion d’Europe 2006 et double vice-champion du monde (2007, 2009) à la perche n’a toujours pas réussi à atteindre le premier. Mais le second est toujours réalisable.

Incapable de franchir le stade des qualifications lors des trois Jeux Olympiques auxquels il a participé, l’Albigeois d’origine devrait disputer à Londres son dernier grand concours à 35 ans. Malgré son âge avancé et ses performances en retrait depuis trois ans, Mesnil a toujours des ambitions. « Ca fait 15 ans que je fais du haut niveau donc je pense que je dois être le perchiste le plus expérimenté, glisse-t-il. La finale, ça se joue à 5m65-5m70 donc je pense que c’est dans mes cordes. Après, le plaisir d’être en finale va aussi jouer dans le fait qu’il y aura du plaisir à être dans la bagarre pour une médaille… ».

Inquiétant en début de saison, le septuple champion de France s’est repris en juillet grâce à deux sauts à 5m66 lors du meeting de la Ligue de diamant de Londres, puis à 5m70 lors de la réunion de La-Roche-sur-Yon, qu’il a remporté. « Je me suis mis beaucoup de pression en début de saison parce que je me sentais fort et je voulais des résultats rapidement, explique le perchiste français. En voyant que ça ne marchait pas, je me suis dit : « Reprends certaines bonnes habitudes », c’est-à-dire reprendre du plaisir à sauter et laisser venir les performances d’elles-mêmes avec la confiance ».

« Un individu un peu poète »

Georges Martin, son entraîneur en terres girondines, abonde d’ailleurs dans le sens de son athlète pour expliquer son passage à vide. « Si cet individu un peu poète à la perche se retrouve à se mettre une pression, eh bien cette pression peut s’avérer complètement inutile et on a exactement les effets inverses ». S’il compte bien jouer les trouble-fêtes dans le concours olympique, celui dont le record personnel culmine à 5m95 depuis 2003 va surtout aborder la compétition dans le plaisir et la décontraction, ses meilleures armes.

Romain Mesnil ne s’y trompe d’ailleurs pas à l’heure d’évoquer le favori de la compétition, Renaud Lavillenie. « Il reste le favori parce qu’il est quand même au-dessus des autres et il l’a montré par sa régularité ». Aux Mondiaux de Paris neuf ans auparavant, le Bordelais d’adoption détenteur de la meilleure performance de la saison, tenait ce rôle. Sous pression, il n’avait pas franchi les qualifications…

Jérôme Carrère (avec OS et GQ)