RMC Sport

Nisima : « Ça a changé ma vie »

Maureen Nisima qui triomphe au grand palais pour son premier titre de championne du monde.

Maureen Nisima qui triomphe au grand palais pour son premier titre de championne du monde. - -

Championne du monde d’épée à Paris au début du mois de novembre dans le magnifique écrin du Grand Palais, Maureen Nisima a été très sollicitée les semaines suivantes. A 29 ans, l’escrimeuse de Bondy a découvert un nouvel univers.

Maureen Nisima, avec un peu de recul, quel a été l’effet de ce titre mondial obtenu en France ?

Etre championne du monde d’escrime, on sait ce que ça représente en tant qu’athlète. Je m’entraîne toujours pour gagner des compétitions mais être championne du monde à Paris, au Grand Palais, c’était autre chose. Ça voulait dire être sollicitée par les médias, aller à des émissions que je regardais à la télé et dans lesquelles je n’aurais jamais pensé passer un jour, être dans des magazines, être reconnue dans la rue... Ça a changé un peu ma vie. Je ne sais pas si mon visage restera gravé dans l’esprit des gens sur le long terme mais pour l’instant, c’est encore le cas et c’est plutôt agréable.

Avez-vous le sentiment d’être sortie de l’ombre de Laura Flessel, qui était la principale figure de l’escrime en France ?

En France, quand on parle d’escrime, on parle de Laura et je trouve ça tout à fait normal étant donné son palmarès et la manière dont elle a mis l’escrime en lumière. Ça m’a permis à moi, comme à beaucoup d’autres, de me préparer dans le calme. Et puis j’avais aussi à gérer la pression familiale (rires), avec le vol qui a débarqué de Fort-de-France. Mes amis de métropole ont grossi les rangs. Ça faisait un paquet de monde. Finalement, tout s’est bien goupillé.

Est-ce facile de reprendre l’entraînement après une telle joie ?

C’est extrêmement dur pour moi de me remettre au boulot. Mais je le fais parce que je suis pressée de voir ce que je peux donner par la suite. Je suis dans la découverte d’une nouvelle phase de ma vie d’athlète, c'est-à-dire repartir après une victoire. Je sais que j’ai changé de statut. Je suis passée de chasseur à chassé. J’ai envie de vite retrouver la compétition. Par contre, la période d’entraînement, c’est plus dur. Je me force. Aller courir, ce n’est pas ma tasse de thé. Alors quand il fait froid, je ne vous explique pas. Ce n’est pas facile. J’aurais eu envie de m’essayer à d’autres disciplines, de partager avec d’autres athlètes leur expérience du retour au rythme normal, pour me remettre un peu le pied à l’étrier.