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Oswald : « Il y aura des sanctions sévères »

Denis Oswald

Denis Oswald - -

Personnalité éminente du CIO, le Suisse Denis Oswald a présidé la commission de coordination des Jeux de Londres. Il répond aux questions liées aux menaces anti-israéliennes et aux affaires de corruption qui ternissent le mouvement olympique.

Denis Oswald, les menaces terroristes contre la délégation israélienne vous inquiètent-elles ?

Je ne suis pas particulièrement inquiet parce que le gouvernement a tout mis en œuvre pour faire le maximum. Une sécurité à 100% n’existera jamais mais nos amis britanniques ont une certaine expérience dans le domaine. 

Comment le CIO justifie-t-il le refus d’accorder une minute de silence pendant la cérémonie d’ouverture à la mémoire des victimes israéliennes des Jeux de Munich 72 ?

On en a beaucoup débattu au sein de la commission exécutive. J’étais athlète à l’époque (en voile, ndlr), j’étais au village olympique, nous étions tous marqués. J’ai quitté les Jeux immédiatement après la compétition parce que je ne m’y sentais plus à l’aise. C’est un drame comme il n’y en n’a pas eu d’équivalents. Mais il y a eu différentes manières de commémorer sur le moment et plus tard. Il y a un mémorial, chaque année il y a une célébration. On a estimé que ce n’était pas adéquat de le faire dans le cadre de la cérémonie d’ouverture, mais sans nier la dimension du drame.

Prenez-vous au sérieux les menaces de boycott contre les athlètes israéliens proférées dans certains pays arabo-musulmans ?

C’est quelque chose qui s'est déjà produit. Pas officiellement, mais des athlètes se sont retiré soit disant sur blessures alors qu’ils devaient affronter des athlètes israéliens. Si ce genre de comportements était avéré, des sanctions seraient prises contre l’athlète mais aussi contre le comité national olympique (CNO) et le gouvernement, car le plus souvent ce ne sont pas des décisions individuelles. Nous aurons un comité d’experts médicaux indépendants qui s’assurera qu’il s’agit bien de blessures. 

L’affaire des billets revendus par des membres du mouvement olympique, révélée par le Sunday Times, est donc avérée, nous a dit le président Jacques Rogge samedi. C’est une mauvaise nouvelle…

Oui, c’est très gênant que des personnes, des responsables de comités olympiques nationaux, se soient livrés à des actes pareils. Il faudra analyser. Les responsabilités ne sont pas identiques pour tout le monde. Mais pour ceux qui étaient conscients qu’ils violaient les règles, il y aura des sanctions sévères.

Le titre de l'encadré ici

Rogge observe une minute de silence|||

En hommage aux 11 sportifs israéliens tués lors des JO de Munich en 1972, le président du Comité international olympique (CIO) a observé ce lundi une minute de silence à l’issue de sa visite au village des athlètes.

Propos recueillis par Louis Chenaille et Julien Richard à Londres