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Paris 2024: La Seine-Saint-Denis veut garder son élan d’ici les Jeux

Stéphane Troussel, le président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, a réuni la presse pour faire le point sur les grandes questions liées aux Jeux olympiques et paralympiques. Le point, thème par thème.

Des dépenses scrutées

La Seine-Saint-Denis va participer à la remise au pot de 8,1 millions d’euros pour la Solideo (la société de livraison des ouvrages olympiques) sur les 3 années à venir. "C’est à cause des effets de l’inflation se justifie Stéphane Troussel. On a évolué les effets de cette indexation ouvrage par ouvrage d’après les recommandations de Bercy." Stéphane Troussel garde l’œil sur chacune décision du COJO (le comité d’organisation des Jeux olympiques). Dix millions d’euros vont être retirés de la ligne "Héritage". Le président va regarder de près cette ligne: "Pour nous ce n’est pas possible de renier cela. Tout ce qui a un impact direct sur les gens, on ne renie pas." Comme il le répète "on ne fait pas d’économie sur l’héritage." Cependant, ce n'est pas cette suppression qui va entamer la coopération entre le département et les équipes de Tony Estanguet. Le budget sera voté normalement dans les jours à venir.

L’héritage, les retombées

La Seine-Saint-Denis est le territoire central des Jeux olympiques avec le stade olympique, le centre des médias. Des perspectives de développement à foison pour le département le plus jeune de France. Un volet économique crucial pour faire changer le 93. Le département s’est lancé dans une campagne d’accompagnement pour ses entrepreneurs désireux de prendre les marchés des JO. Déjà 184 marchés de la Solideo ont trouvé preneur pour des groupes locaux. Reste encore 2,5 milliards de marchés du COJO dans la sécurité, la restauration etc… Le département a organisé 15 formations d’appui à la commande publique et des soirées thématiques où les entrepreneurs sont invités. Sur cet héritage immatériel, celui de l’insertion, Troussel s’arc-boute: "Une fois la flamme éteinte, c’est à moi et pas à Tony Estanguet, Emmanuel Macron ou Anne Hidalgo que les gens demanderont des comptes."

Les animations en Seine-Saint-Denis

Le département a perdu les épreuves de tir, envoyées à Châteauroux. Il récupéré les tours préliminaires de boxe à Villepinte mais aussi le para-cyclisme, le départ du para-marathon.

La fan zone de Dugny, le live site comme il faut dire, sera actif pendant les deux semaines de JO et le grand week-end paralympique. Il devrait accueillir environ 5.000 personnes. Nous serons "exigeants sur l’éco-responsabilité. Il y aura des activités sportives, culturelles, avec des artistes du territoire." Une grande parade où chaque grande structure culturelle du 93 devrait apporter son écot est en développement. Elle devrait s’appeler ’on ne va pas se défiler’.

L’adhésion de la population

C’est le sujet qui combe les élus. Lors d’un sondage publié il y a deux mois, 82% des personnes interrogées dans le département étaient enthousiastes à propos des JO. Ce pourcentage grimpe à mesure que l’on descend dans les catégories socio-professionnelles, 93% chez les ouvriers. L’un des enjeux est que le plus grand nombre profite de ces JO. Le département, qui devrait bénéficier de 4000 billets environ, va se porter acquéreur de plusieurs dizaines de milliers de billets pour les épreuves olympiques et paralympiques en profitant d’une priorité sur le calendrier et sur le tarif minimal unitaire de 24 euros. "Pour aucun autre événement nous n’aurons autant de billets", annonce Troussel. Chaque ville du département hôte d’un site d’entraînement ou de compétition reçoit aussi une dotation en billets. Tout mis bout à bout, les habitants de Seine-Saint-Denis pourraient profiter de centaines de milliers de tickets.

Les chantiers

Ce 5 décembre, Libération publiait le témoignage d’ouvriers sans papier employés sur les chantiers olympiques de la Seine-Saint-Denis, le stade aquatique notamment. Une dérive traquée par Stéphane Troussel: "Nous avons demandé des comptes à l’entreprise. Ils ont dit que c’était un sous-traitant. Nous avons exigé qu’il résilie contrat du sous-traitant. Le titulaire du marché aura des pénalités. Nous avons réclamé davantage de contrôle avec l’URSSAF ou encore avec les déclarations fiscales." Le département a noué un partenariat avec l’inspection du travail.

MM