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Paris JO 2024: un bon logo, c’est quoi ?

Le logo de la candidature de Paris 2024 sera dévoilé ce mardi soir. Christophe Fillatre est président de Carré Noir, l’agence qui avait imaginé le logo de la candidature parisienne de 2012. Il livre à RMC Sport les secrets d’un logo réussi.

Un indispensable : les anneaux

« Pour ce genre d’évènements, il y a beaucoup d’acteurs. Et quand on parle des JO, le Graal, ce sont les anneaux. Derrière les anneaux, il y a la ville, puis un pays, sans oublier les athlètes qui sont eux-mêmes des marques. On est typiquement dans une surenchère de signes, de noms, de couleurs. Une bonne identité, c’est d’abord une forme, une couleur et une typographie. Et en l’occurrence, la couleur associée aux JO, ce sont les couleurs des anneaux. L’objectif est de créer un symbole qui permet d’être associé directement à l’évènement, si possible en le rattachant à la ville organisatrice et au site sur lequel ça va se dérouler. »

Le nom de la ville plutôt qu’un symbole

« On a la chance d’avoir un symbole fort avec la Tour Eiffel. Maintenant, on ne va pas s’amuser à représenter une Tour Eiffel de manière figurative. Il faut lui donner un style dans une nouvelle typo. Les évènements tragiques de novembre sont un exemple de l’interprétation possible. Quand on parle de Paris, il faut à mon sens nommer la ville. C’est ce qui va donner une fierté. Il faut plus nommer qu’être dans la symbolique. La symbolique est déjà largement portée par les anneaux olympiques. »

Oser les partis pris

« Sur le logo de candidature de Paris 2012, on retrouve bien le côté avenant avec le cœur. On retrouve également le nom de la ville et les anneaux. Quant à Londres, on observe une véritable rupture. C’était très audacieux. On parle d’universalité, mais cette capacité à créer quelque chose de plus chaotique est toujours plus intéressant. Ça crée de l’impacté et ça provoque la discussion. Les pièges sont de faire passer des messages un peu mous. C’est plus intéressant d’aller chercher quelque chose avec un objectif clair d’émergence que de faire un brieff conventionnel qui va expliquer les valeurs sportives. »

Le logo ne fait pas tout

« Un logo ne fait pas tout. On sait très bien que si une ambition ne tenait que par un symbole, la recette serait facile. Il est là pour résumer un parti pris, une façon de voir la vie et résumer quelque chose d’identitaire. C’est plus dans la représentation que dans l’action. C’est tout le projet qui est derrière qui est important. Le logo est un étendard, un drapeau qui porte l’ambition, la vision et qui va faire que tout le monde va se réunir. Regardez ce qu’il se passe en 2015, on se retranche derrière l’étendard. Ce sont des valeurs, de l’espoir, un rassemblement… C’est plus un élément de repères que quelque chose qui fait qu’on va l’emporter ou pas. »

Pierrick Taisne