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Parker : « On ne méritait pas ça »

Tony Parker auteur de 31 points aujourd'hui contre la Slovénie

Tony Parker auteur de 31 points aujourd'hui contre la Slovénie - -

Tony Parker, auteur de 31 points contre la Slovénie, revient sur ce revers qui prive la France des JO de Pékin.

Tony, on imagine la déception énorme après cette défaite face à la Slovénie, synonyme de non-qualification pour les Jeux Olympiques de Pékin…
C’est dur. Ca fait même très mal. Mais il faut savoir l’accepter. C’est dommage parce que ça ne se joue à rien. Nous menons de 6 points au début du 4e quart-temps et c’est à ce moment-là que les Slovènes décident de mettre des 3 points dans tous les sens. Au bout d’un moment, tu te dis que ce n’était peut-être pas notre année. Les Dieux du basket n’étaient pas avec nous. L’ambiance était pourtant excellente dans l’équipe. On s’entendait tous bien. Nous réalisons un bon début de championnat d’Europe mais la défaite en quart de finale face à la Russie a tout changé. Nous cherchions une certaine stabilité après les championnats d’Europe 2003 et 2005. Finalement, nous sommes obligés de répartir de zéro. On ne méritait pas ça. Tout le monde a fait l’effort de venir malgré nos grosses saisons en NBA et se prendre ça dans la gueule est difficile à accepter.

Le basket français peut-il se relever ?
S’il se passe quelque chose de grand en 2009 à l’Euro, on se souviendra d’où l’on vient. Ca me rappelle mes années juniors. J’évoluais avec les joueurs nés en 1980 (Tony est né en 1982). Nous avions terminé à la dixième place. Notre dernier match s’était disputé à 9h du matin. C’est à peine si la salle était ouverte. Avec les joueurs de 82, nous sommes devenus champions d’Europe (en 2000 en Croatie). On se souvenait de cette dixième place. C’est la même chose pour nous cette année. Il faut se servir de cette expérience pour rebondir. Après, c’est vrai, ce n’est pas l’expérience qui manque dans cette équipe. On a déjà vécu beaucoup de choses ensemble.

Ce n’est pas un peu lassant à force ?
Il faut que les choses soient claires. Je ne vais pas m’arrêter là-dessus. Je le promets. Je suis un compétiteur. La France peut compter sur moi pour les championnats d’Europe 2009. Partir sur un échec est impensable. Par contre, je dois discuter avec Pop (Gregg Popovich, l’entraîneur de San Antonio) pour les qualifications de l’Euro. Ca va être difficile de le convaincre. C’est encore loin. Je ne sais pas encore comment mon corps réagira après une saison NBA.

Mais n’y a-t-il pas de la frustration au vue du potentiel de cette équipe de France ?
Le potentiel n’a rien à voir. Il suffit de regarder les Dallas Mavericks cette année. Ils ont la meilleure équipe de la Ligue mais ils s’inclinent au 1er tour des play-offs. C’est ça le basket. Des fois, ils se passent des choses surprenantes. C’est exactement ce que nous venons de vivre durant cet Euro. Le dernier match en est le parfait exemple. Jamais je n’avais vu une équipe mettre huit paniers à 3 points dans le 4e quart-temps d’un championnat d’Europe. Et bien c’est arrivé contre nous. Après, c’est trop facile de dire qu’on aurait dû jouer de telle ou telle manière. Il y a deux ans, nous sommes revenus de nulle part. Personne ne nous attendait dans le dernier carré. Il a fallu d’un match (contre la Serbie en 8e de finale) pour que le groupe prenne une nouvelle dimension. L’équipe de cette année était plus forte mais nous avons fait moins bien. Ca ne se joue vraiment à rien.

Claude Bergeaud doit-il rester l’entraîneur de l’équipe de France ?
Je n’ai pas à répondre à cette question. Je joue au basket, je ne suis pas là pour m’occuper du staff. Tout ce que je peux dire, c’est que Claude fait du très bon boulot depuis trois ans.

La rédaction