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Pourquoi les records pleuvent aux Jeux Paralympiques

Jason Smyth

Jason Smyth - -

Aux Jeux Paralympiques de Londres, les performances tombent comme jamais. D’abord parce que les athlètes à handicap s’entrainent de plus en plus avec les valides. Ensuite en raison de la technologie, le nerf de la guerre. Décryptage.

L’Irlandais Jason Smyth a remporté ce week-end à Londres le 100m des malvoyants en 10’’46, établissant ainsi un nouveau record du monde. Un chrono qui lui aurait permis de s’aligner en séries des Jeux, il y a un mois, et qui lui aurait assuré une place sur le podium aux Championnats de France valides il y a quelques années. Smyth a d’ailleurs raté de peu sa place aux JO. A l’image de l’Irlandais, les athlètes handicapés battent comme jamais records sur records, ces jours-ci dans la capitale britannique.

« Les paralympiques ne sont pas les Jeux de la pitié », déclarait il y a peu, et très à propos, Valérie Fourneyron. La ministre des Sports parlait de « performances » et de « préparation ». Aujourd’hui, les sportifs frappés d’handicap s’entraînent de plus en plus en plus avec les valides. Smyth explique ces progrès par le fait qu’il travaille en Floride avec Tyson Gay, le deuxième homme le plus rapide de l’histoire (9’’69 sur 100m). C’est ce qu’explique Jean-Claude Druvert, le docteur des Bleus. « Les nageurs, les athlètes, les cyclistes travaillent ensemble. Avec eux, on fait de la médecine du sport. La médecine du handicap est dépassée. »

Le dopage n’épargne pas les Paralympiques

Du coup, les séances d’entraînement ont gagné en volume. « Les nageurs, c’est trois séances par jour, pour beaucoup c’est deux, les fauteuils une », raconte Olivier Deniaud, entraîneur national d’athlétisme. La technologie est devenue le nerf de la guerre. Le vainqueur du 200m, le Britannique Richard Whitehead, vainqueur en 24’’38, record du monde de la catégorie, s’est imposé avec double prothèse, quand le Français Clavel Kayitaré (6e) n’utilisait que ces jambes. Dans sa volonté d’expansion, le Comité international paralympique (IPC) multiplie les épreuves. En athlétisme, c’est 170 contre 46 aux JO.

« On a des forteresses comme la Chine ou les Etats-Unis, mais aussi des nouveaux venus comme l’Ukraine qui prépare ses victimes de Tchernobyl (malvoyants) à la natation et à l’athlétisme », explique Deniaud. Avec 4 200 participants, l’IPC multiplie aussi les contrôles antidopage. A Londres, ce sont 1 250 tests, soit 25% de plus qu’à Pékin. Plusieurs cas de dopage, dont le nageur Hayri Simsek (diurétique), ont rappelé que Jeux Paralympiques ne voulaient pas nécessairement dire propres. « On a été meurtri par cette nouvelle, raconte le « Doc » Druvert. On sensibilise, mais il ne faut pas se leurrer. La médiatisation pousse certains à la faute. L’homme reste un homme. »

Louis Chenaille (avec C.G. à Londres)