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Sabot, le bronze de l’honneur

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Licencié à l’Olympique Antibes Juan-les-Pins, Hamilton Sabot (25 ans) a décroché la médaille de bronze aux barres parallèles ce mardi à Londres. Une récompense qui sauve la gymnastique tricolore d’un triste zéro pointé.

La gym française est passée tout près d’une année noire. Très noire. Après la grave blessure de Thomas Bouhail, puis l’hécatombe de blessés au sein de l’équipe de France, le dernier jour des épreuves était arrivé sans la moindre médaille pour le camp tricolore. Après l’escrime, la gymnastique française allait-elle être l’autre mauvais élève de ces JO ?
C’était sans compter sur la rage d’Hamilton « le sauveur » Sabot, aux barres parrallèles, son agrès de prédilection : « Je me suis dit que j’étais le dernier à pouvoir aller chercher quelque chose, reconnaît-il sans prétention. J’ai remarqué que personne ne m’attendait franchement. Du coup, j’y suis allé avec moins de pression. »
Malgré un très long suspense, ça a marché. Son score, 15,566, ne lui a pourtant pas ôté un long moment d’angoisse : « J’y croyais plus qu’à moitié d’autant que des pointures devaient encore passer, raconte le pensionnaire du club Olympique Antibes Juan-les-Pins. L’attente a été longue. J’ai commencé à stresser avant le passage du dernier, le Russe Garibov. C’est dingue ce qu’on ressent ! On est électrique. C’est comme si on était au bord d’une falaise. Soit on est sauvé, soit on tombe. » Lui a été sauvé. Et médaillé.

L’hommage de Nadia Comaneci

Un sacré soulagement pour la délégation française. « Cette médaille rajoute un goût sucré dont on avait besoin pour repartir la tête haute, se réjouit le DTN, Daniel Goury. C’était une vraie belle performance d’autant qu’Hamilton avait mal à la main. C’était serré mais il avait envie de se battre et de gagner. Il redonne des couleurs à la gymnastique française. » Le héros du jour savoure lui aussi son bonheur : « Cette médaille représente le travail d’une vie, de 18 ans de gym », confie le gymnaste de 25 ans.
Sa performance est loin d’être passée inaperçue. La légendaire Nadia Comaneci qui avait obtenu 7 fois la note de 10 aux JO de Montréal en 1976, s’est réjouie de cette première breloque tricolore sur son compte twitter.
Malgré la gloire naissante, celui qui entrera en 2e année d’école de kiné, compte poursuivre ses études. De quoi laisser quelques regrets : « Avec ses études, il s’entraîne moins que les autres, c’est dommage, regrette Jean-François Blanquino, juge responsable de l’équipe de France et pensionnaire du club d’Antibes. S’il travaillait un peu plus, il pourrait être dans meilleurs mondiaux. »
Reste un dernier mystère. Ce prénom, Hamilton. Des origines anglo-saxonnes ? « Non, non, mes parents sont bien français, répond le gymnaste. Mon père avait rêvé qu’il avait un fils qui s’appelait Hamilton juste avant que je naisse. Il a décidé de garder ce prénom…»

Aurélien Brossier avec FG